Humus numericus

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R, Spip et autres

mardi 23 janvier 2007

Petite règle médiatique de base

Cette règle pourrait s'énoncer de la manière suivante :

Tout sujet ou personne fortement médiatisé sans être dénigré ne remet pas en cause le système actuel et la structure des rapports de domination

Ça peut paraître évident, mais je trouve que c'est un petit principe intéressant à garder en tête, notamment lorsqu'on écoute la radio ou qu'on regarde la télé. Prenons quelques exemples récents pour illustrer.

Les enfants de Don Quichotte

On peut quand même s'étonner qu'une association à l'histoire relativement courte parvienne avec l'aide de quelques tentes Decathlon à faire la une des médias pendant plusieurs jours. De même, lorsque l'association en question rédige une charte et que celle-ci est signée par différents candidats, de "gauche" comme de droite, on se dit que le document en question ne doit pas être trop dérangeant. Et lorsque l'assoce plie bagage dès les premières déclarations ministérielles, on comprend mieux. Il est à parier d'ailleurs que nous n'en entendrons plus parler.

A l'inverse, des associations comme Droit au logement, qui existent et agissent depuis des années, avec une vision politique globale de la question du logement, n'est quasiment jamais médiatisée lorsqu'elle effectue des actions sur le terrain, sauf lorsqu'il s'agit d'occupations d'immeubles visibles. Pourtant leurs activités ne se limitent pas à ça, comme j'ai eu l'occasion de le constater lors d'un mouvement pour le relogement d'explusés à Saint-Ouen, par exemple.

Nicolas Hulot

La similitude avec l'exemple précédent est frappante. Montée en puissance médiatique très rapide, maintien en une pendant une période relativement longue, une charte signée par quasiment tous les candidats, et une non-candidature qui fait que les effets de tout ça ne seront au final que purement médiatiques. Là aussi, on a une écologie "ramolo-libérale", sans remise en question fondamentale de nos modes de vie. Pour une critique parfaitement argumentée, je me contenterai de renvoyer à l'excellent article de Sophie Divry.

L'abbé Pierre

Ben oui. Pas facile de s'attaquer à une icône, et je ne nie pas qu'il a accompli un tas de choses très intéressantes. Mais coco des bois le dit bien :

Il n'a pas été nuisible, il a joué son rôle, et a contribué à endormir les gens, tant que des gens comme ça existent, comme tu dis, pas de révolte, et on peut continuer à se goinfrer, consommer et produire, PS et UMP lui rendront hommage pour leur avoir permis de continuer à flinguer la planète en paix.

Etc., etc.

A l'inverse, tout ce qui va réellement à l'encontre des intérêts dominants et médiatiques (qui sont le plus souvent les mêmes) est soit totalement occulté, soit largement critiqué et diffamé. On pourra citer :

  • La critique des médias (Acrimed, Le Plan B...) ;
  • L'action de Chavez au Venezuela ;
  • La révolte des banlieues de novembre 2005 ;
  • La campagne du non au Traité constitutionnel européen ;
  • etc.

Mais ce qui est intéressant avec cette règle, c'est qu'elle peut aussi aider à réaliser que certains sujets qui peuvent nous sembler importants à première vue ne doivent pas être si méchants que ça puisqu'ils sont largement médiatisés. Petite liste indicative :

  • les campagnes électorales, notamment les présidentielles, et tout particulièrement les candidats les plus exposés ;
  • le tri sélectif ;
  • le fait de s'inscrire sur les listes électorales et d'aller voter ;
  • etc., etc., etc.

Je vous laisse compléter vous-mêmes ces différentes listes selon le va-et-vient des sujets médiatisés.

Note : on peut aussi relever le caractère d'alibi que revêtent ces médiatisations politiquement anodines. Quand on a parlé des enfants de Don Quichotte, on a parlé des SDF. Quand on a parlé de Hulot ou du tri sélectif, on a parlé de la protection de l'environnement. Quand on a parlé de l'abbé Pierre, on a parlé des pauvres. Mais dans tous les cas, on s'est bien gardé de remettre en cause les fondements du système, les causes des inégalités, et on a aussi évité d'aller interroger directement les personnes concernées en privilégiant des porte-paroles médiatiques et médiateurs d'une réalité qu'on continue à cacher malgré les apparences. En définitive, on aura plus vu et retenu les tentes Decathlon que ceux qui ont dormi à l'intérieur.

jeudi 18 janvier 2007

Comment rendre votre épouse heureuse ?

Et bien si vous vous posiez la question, y'en a qu'ont trouvé la réponse. En l'occurrence un journaliste du Bimensuel des Etudiants Musulmans de l'Université de Niamey, au Niger. Quelques morceaux choisis :

(En cas de voyage) Revenez-le plus tôt possible mais évitez de revenir à un moment inattendu ou pendant la nuit.

Ou, au minimum, évitez d'ouvrir le placard de la chambre avant le lendemain.

Evitez les positions durant vos rapports qui peuvent lui faire du mal comme lui presser la poitrine et lui bloquer sa respiration, surtout si vous êtes lourd.

Fallait y penser. Si elle devient toute bleue, relachez la pression quelques secondes.

Gardez de bonnes relations avec sa famille et ses amies après son décès.

Comme ça elle sera heureuse même après la mort ?

Le dernier recours est de la corriger : on doit savoir que la sunnah est d’éviter de frapper. On ne peut le faire que dans les cas extrêmes de désobéissance.

Me voilà rassuré.

Ce n’est pas une question de coups mais de rappel symbolique, sans injures.

Y'a quand même pas qu'du négatif.

Bon, bien évidemment je n'ai pris que les passages les plus caricaturaux. L'intégralité est à lire sur Tamtaminfo.com.

mardi 16 janvier 2007

Le quad c'est de la merde

Voilà-t-y pas que ce week-end, nous avons eu la curieuse idée de vouloir profiter du réchauffement climatique et des dernières décennies qui nous restent avant d'être transformés en poulet rôti pour aller faire un tour à la campagne prendre un bol d'air pur au milieu des oiseaux qui chantent, c'est vous dire si on en a plus pour longtemps.

Le temps était quasi-printanier, la balade agréable, à peine avons-nous remarqué un chemin quelque peu boueux et pas toujours très pratiquable, surtout avec une petite fille de trois ans. Mais bon, après tout, c'est la nature, c'est normal qu'il y ait un peu de terre et d'eau, profitons en tant qu'il y en a encore.

Petite pause pique-nique, on profite de la tranquillité du lieu quand un léger ronflement se fait entendre. On aurait d'abord pu croire que l'un d'entre nous s'était laissé aller à une petite sieste, mais le niveau sonore devint bientôt beaucoup trop élevé pour provenir de cordes vocales même particulièrement efficaces. Tournant la tête vers l'origine de ce vacarme, nous vîmes alors émerger de la forêt un engin ridicule avec quatre grosses roues, un moteur super bruyant, une carosserie recouverte de boue et, juché par dessus, un espèce de guignol avec un casque qui parvenait mal à dissimuler sa fierté de dompter ainsi un engin synonyme de puissance, de testostérone et d'hypertrophie de l'appareil reproducteur.

Non seulement ce con nous a fait chier à cause du bruit infernal qui s'entend à 500 mètres à la ronde, non seulement ce crétin nous met potentiellement en danger de nous faire rouler dessus au détour d'un sous-bois, non seulement cet abruti nous empeste avec ses vapeurs d'essence en pleine nature, mais en plus ce clown a passé son après-midi à bousiller les chemins de terre en semant ornières et flaques de boue partout sur son passage. J'imagine le bonheur de ces dégénérés du bulbe qui passent leur semaine dans leur bagnole puis, dès qu'ils sont en week-end, courent profiter de la nature en pilotant une saloperie de moto-cross avec les petites roues qui vient déverser son quota de CO2 en plein bois tout en dégradant les chemins pour l'ensemble des promeneurs et des gens qui y travaillent. Et je suis sûr que ces crétins sont en plus très fiers d'eux quand ils croisent une famille avec de la boue jusqu'aux cuisses et qui les regarde passer avec des regards noirs.

Le seul truc qui m'a fait plaisir c'est d'imaginer que ces mecs-là, après avoir fait chier tout le monde le samedi, doivent passer leur dimanche à nettoyer leur bécane et leur combinaison cuir de toute la gadoue accumulée par leur grosses roues crantées bousilleuses de sentier.

Mise à jour du 11 février 2008 : suite au commentaire affligeant d'un soit-disant porte-parole de la fédération française de Quad, qui m'accuse de vouloir mettre en danger la vie d'autrui avec ma proposition de mettre des branches en travers des chemins (alors que j'avais bien précisé hors de question de provoquer des accidents ou d'embêter les vététistes), et comme j'ai autre chose à foutre que de perdre mon temps avec ces conneries, je propose plutôt que chaque personne croisant un quad dans un chemin de forêt non prévu pour cet usage lui fasse une grimace bien bien moche et, de plus, s'il s'agit d'un quadiste membre de la FFQ, qu'il chante à pleins poumons Tirelipimpon sur le chihuahua pour bien montrer à quel point ces sportifs de haut niveau domptant avec autant de classe toute cette fantastique puissance mécanique les impressionne.

Et encore, je suis foutu de me faire attaquer en justice pour incitation à la matraitance sur animaux par la fédération française des amis des chihuahuas.

Bon, laissez tomber...

samedi 13 janvier 2007

Deux perles

Une première il y a quelques jours :

- il faudrait que je le peinde
- que tu le peignes !
- ben non ! que tu le peignes c'est pour peigner !

Et une autre ce soir :

Moi je suis la reine, et toi t'es le rein !

vendredi 12 janvier 2007

Automatiser les mises à jour de sécurité sous Debian

Tout utilisateur de Debian qui se respecte connaît les dépôts de paquets spécialement conçus pour colmater les failles de sécurité. Dès qu'un problème est identifié, l'équipe de sécurité applique les correctifs existants et met tout ça à disposition le plus vite possible. Nous allons voir ici comment faire en sorte que ces mises à jour soient appliquées automatiquement, par exemple une fois par jour.

La première chose à faire est d'installer le paquet cron-apt, qui est spécialement fait pour ça :

# apt-get install cron-apt

Ce paquet permet de lancer une mise à jour à intervalle régulier. Le problème est que nous ne voulons mettre à jour que les paquets concernés par les problèmes de sécurité, et pas l'ensemble de notre distribution. Ceci est particulièrement important si on utilise une distribution testing ou unstable. Pour cela nous allons créer une source de paquets restreinte aux dépôts de sécurité. On va donc éditer un fichier /etc/apt/security.sources.list contenant la ligne suivante :

deb http://security.debian.org/ testing/updates main contrib non-free

(remplacez testing par stable ou unstable selon votre config)

Il faut ensuite indiquer à cron-apt d'utiliser ce fichier. Pour cela, ouvrez le fichier /etc/cron-apt/config et ajoutez ou décommentez la ligne suivante :

OPTIONS="-o quiet=1 -o Dir::Etc::SourceList=/etc/apt/security.sources.list"

Et voilou. Il nous reste à régler la fréquence et le moment des mises à jour. Par défaut elles ont lieu une fois par jour à 4h du matin (cf le fichier /etc/cron.d/cron-apt). Ceci est très bien si vous avez un serveur qui tourne en permanence. Mais pour une machine de bureau, on pourra plutôt utiliser anacron et faire un lien sympolique vers /usr/sbin/cron-apt dans /etc/cron.daily :

# ln -s /usr/sbin/cron-apt /etc/cron.daily/cron-apt

jeudi 11 janvier 2007

Gérer ses DNS soi-même avec Xname

Suite à ma migration vers Site5, je me suis retrouvé avec quelques soucis au niveau de la gestion des DNS de mon domaine. L'hébergeur principal de nozav.org, c'est à dire L'autre net, propose une gestion des DNS tout à fait suffisante pour l'usage que j'en avais jusqu'à présent, mais un peu limite pour pouvoir partager un domaine en deux et en héberger des bouts chez un hébergeur et des bouts chez un autre.

J'ai donc testé les services de gestion de DNS de Xname.org. C'est un service gratuit, basé en France, qui fournit des serveurs DNS primaire et secondaire pour ses domaines, et qui permet d'éditer sa zone comme on le souhaite. Il faut s'y connaître un minimum, c'est à dire savoir au moins ce que sont des enregistrements NS, A, CNAME ou MX, mais ensuite c'est très simple à utiliser, et les enregistrements sont mis à jour une fois par heure. Et pour les experts, il y a même une interface avancée qui permet de gérer des paramètres tels que les TTL et autres joyeusetés.

Du coup, j'ai pu faire des choses un peu tarabiscotées, comme par exemple :

  • Héberger mon domaine nozav.org et certains sous-domaines comme blog.nozav.org sur L'autre
  • Gérer les mails du domaine nozav.org sur L'autre
  • Héberger d'autres sous-domaines comme dev.nozav.org sur Site5
  • Gérer les mails de certains sous-domaines sur Site5

Et tout ça en même temps, bien sûr.

jeudi 28 décembre 2006

Hébergement pour Ruby on Rails : essai avec Site5

Dans un précédent billet, j'avais fait une rapide comparaison entre quelques hébergeurs supportant Ruby on Rails. J'avais dans un premier temps choisi Dreamhost, dont les offres sont pour le moins alléchantes. J'avais finalement abandonné, d'une part car cela ne correspondait plus à mes besoins, mais aussi car en termes de performance ça me semblait un peu poussif, au moins depuis l'Europe.

Je viens de retenter le coup mais cette fois avec un autre hébergeur, en l'occurrence Site5. Les avis semblent partagés, mais j'en suis pour l'instant satisfait. Ils proposent une promo spectaculaire en ce moment, mais qui oblige à payer pour deux ans d'un coup, ce qui ne me convient pas, j'ai donc opté pour un plan de base avec paiement mensuel qui me revient à environ 8,50 euros par mois. Pour ce prix là vous avez : 10Go de stockage, 200Go de trafic, PHP, Perl, Python, Ruby on Rails via Apache/FastCGI, Accès SSH, Cron jobs, mails, bases de données, Subversion, etc. Pour le peu que j'en ai vu les performances m'ont l'air tout à fait honorables, j'ai d'ailleurs migré dev.nozav.org dessus il y a quelques temps, et ça tourne très bien.

Inconvénients

Pour l'instant, la seule limitation qui me saute aux yeux concerne l'hébergement des domaines. Avec le plan de base, vous ne pouvez héberger qu'un seul domaine (vous devez en héberger un d'ailleurs, il n'y a pas de sous-domaine machin.site5.com). Ça n'est qu'avec les plans plus onéreux qu'on accède aux domain pointers qui permettent d'en utiliser plusieurs. En ce qui me concerne ce n'est pas trop gênant pour le moment, l'hébergeur principal de mon domaine nozav.org me permettant de faire pointer des sous-domaines vers une adresse IP.

Avantages

Un des gros plus de l'offre de Site5 est le fait que chaque site hébergé se voit assigner une adresse IP unique. Ceci est très pratique pour un tas de choses, et notamment pour gérer l'hébergement de sous-domaines. Autres avantages, l'installation de base est assez claire, avec un home qui contient deux répertoires, public_html pour les sites web et public_ftp pour utiliser un serveur FTP déjà installé à la base. Par ailleurs, leur système d'administration est bien foutu, clair et visiblement écrit en Rails.

Mise à jour (7 janvier 2007)

Après plusieurs semaines, mon point de vue est toujours positif. J'ai migré dev.nozav.org, c'est à dire un site statique en HTML, mais aussi une petite application en Rails, et les performances sont tout à fait convenables, en tous cas bien meilleures que ce que j'avais expérimenté avec Dreamhost. Par ailleurs, le service de support est très performant (pourvu qu'on parle anglais, bien sûr) : en l'espace de deux heures, j'ai pu échanger trois ou quatre mails avec eux, et ils ont très rapidement modifier la config du serveur pour que je puisse déléguer la gestion des mails de mon domaine à un autre serveur tout en conservant la possibilité de comptes mails pour des sous-domaines (ce qui n'est pas trivial trivial comme demande).

Bref, pour l'instant je vous conseille cet hébergeur. Si vous souhaitez l'essayer, il y a toujours la garantie de 60 jours qui permet un remboursement intégral si vous n'êtes pas satisfaits.

Nouvelle mise à jour (20 janvier 2007)

Bon, comme je ne tiens pas en place niveau hébergement en ce moment, je viens à l'instant même de clôturer mon compte chez Site5. Non pas que je sois mécontent de leurs services, bien au contraire. Tout ce qui a été dit précédemment reste vrai à cette date : rapidité, fiabilité, support compétent, etc. Et ils m'ont bien reversé l'intégralité des sommes que je leur ai payé jusque là sans aucun problème puisque j'ai résilié mon compte avant 60 jours d'utilisation.

Si je change, c'est pour passer carrément sur un Virtual private server chez Tektonic. C'est un poil plus cher, y'a aucun support et faut tout faire soi-même. Par contre c'est totale liberté : on se retrouve avec l'équivalent d'un serveur dédié rien qu'à soi, et ce pour 15 dollars par mois, et on peut faire ce qu'on veut, y compris tout casser. J'essaierai de détailler davantage d'ici quelques temps.

mardi 7 novembre 2006

Le Village vertical

Le Village vertical est un projet de création d'une coopérative d'habitants sur le Grand Lyon.

L'idée est simple : se regrouper pour construire ou rénover un immeuble dont les loyers seraient peu élevés, soustraits de la spéculation immobilière, géré démocratiquement, comportant des espaces communs mutualisés (grande salle de réunion, chambre d'amis, atelier, terrasse ou jardin...) et une réelle vie de voisinage. Le projet encouragerait la mixité sociale en intégrant des logements réservés à des personnes âgées ou précaires. L'immeuble serait situé à proximité des transports en commun et la construction privilégierait autant que possible matériaux écologiques et énergies renouvelables.

Ce type de projets existe depuis de nombreuses années dans les pays scandinaves ainsi qu'aux Etats-Unis et au Canada. L'idée est de mettre en place une première réalisation à Lyon dans les années qui viennent. Une association a été créée il y a un an et un groupe actif travaille depuis à la concrétisation des différents aspects du projet (foncier, architecture, statut juridique, finances, etc.).

Si vous voulez davantage d'informations, le site web du projet vient d'être mis en ligne :

lundi 28 août 2006

Des chiffres à vous faire devenir végétarien

Un chiffre cité en introduction d'un article du Monde diplomatique de ce mois a failli me faire tomber de mon siège de métro cet après-midi : il indiquait que le nombre d'animaux abattus chaque année aux Etats-Unis pour l'alimentation s'élève à... huit milliards !

Du coup, je suis allé faire un tour sur le site du ministère de l'agriculture pour voir ce que ça donne en France. En 2005, on a les résultats suivants :

  • Gros bovins : 3 521 000
  • Veaux : 1 747 000
  • Porcins : 25 116 000
  • Ovins: 5 306 000
  • Caprins : 895 000
  • Equidés : 21 700
  • Volailles : environ 916 millions (2004)

Je n'ai pas pu retrouver le chiffre concernant les lapins, mais celui-ci s'élevant à environ 43 millions en 1992, on aboutit à un bon milliard d'animaux par an. Ce qui est cohérent avec les chiffres antérieurs de 1992. Pour info, le nombre d'oeufs de poule de consommation produit en 2005 est de 11,5 milliards (soit pas loin de 200 par habitant).

Toujours pour info, le nombre d'animaux abattus en Belgique en 2005 est de 280 millions.

Et tout ça nous donne le chiffre total de 50 milliards pour le monde entier en 2003.

C'est là qu'on se rend compte que parler en nombre d'animaux n'est pas la même chose que de parler en tonnes de viandes. Dans le premier cas, il s'agit d'êtres vivants, dans le deuxième cas de marchandise. Et si on rapporte ces chiffres à des durées plus courtes, on imagine les cadences dans les abattoirs industriels : 16 000 animaux abattus par minute aux Etats-Unis, 31 animaux tués par seconde rien qu'en France.

La consommation de viande est évidemment très inégalement répartie dans le monde. En moyenne mondiale 36,4 kilos par personne en 1997-1999, cette valeur passe de 5,3 kilos en asie du sud à 88 kilos dans les pays industrialisés. Et cette quantité devrait continuer à augmenter, passant en moyenne à 45,3 kilos dans le monde, et à plus de 100 kilos par habitant pour les pays les plus riches (chiffres tirés d'un rapport de l'OMS, page 21).

Je tiens à signaler que je ne suis pas végétarien. Il s'agit sans doute d'une de mes incohérences internes et des compromissions que nous faisons tous au quotidien avec nos idées et nos valeurs, mais en tous cas je n'ai pas encore passé le cap. Sans aller jusque là, il est déjà très facile et économique de diminuer sa consommation de viande et de poisson. Une fois par jour suffit largement, et peut même être au-dessus des recommandations de l'OMS (désolé, je n'ai pas trouvé de document très clair sur ce sujet malgré plusieurs recherches).

jeudi 24 août 2006

Internet et vie privée ? Raté !

Quand on est seul devant son ordinateur, chez soi ou au boulot, on peut parfois être tentés de se croire seul, à l'abri des regards indiscrets. C'est évidemment totalement faux, mais un bon exemple vaut mieux qu'un long blabla.

Cet après-midi, je me suis amusé à regarder dans Google quelles étaient les pages qui pointaient vers ce blog (yep, c'est un peu narcissique, je sais, mais ça passe le temps). En toute fin de liste, je suis tombé sur une page située sur un serveur d'un grand organisme de recherche français (non, ça n'est pas le CNRS). La page en question ressemblait à ça :

De quoi s'agit-il ? C'est un rapport généré automatiquement à partir de l'activité d'un logiciel nommé Squid. Ce logiciel a la particularité, même si ça n'est pas sa fonction première, d'enregistrer toutes les adresses des sites webs auxquels se sont connectés les utilisateurs du réseau sur lequel il opère. Et c'est bien de cela qu'il s'agit : dans la colonne de gauche nous avons une liste de sites, et dans celle de droite les utilisateurs qui les ont consulté dans la semaine du 30 juillet au 6 août dernier. Les noms d'utilisateurs sont donnés sous la forme initiale du prénom + nom (pdurand pour Pierre Durand). Pas trop dur, donc, de repérer rapidement de qui il peut s'agir.

En naviguant un peu dans les pages, on arrive là-dessus :

Il s'agit de la liste de tous les utilisateurs classés par ordre décroissant de consommation de bande passante. On peut constater que le premier nom de la liste semble avoir été victime d'un déchaînement professionnel, avec pas moins de 2Go de trafics, tandis que le second en est à 10 fois moins. Damned, une telle activité en plein mois d'août semble être tout à son honneur. Sauf que.

Sauf que si on clique sur le nom de la personne en question, on obtient la liste de tous les sites webs qu'il a visité dans la semaine :

Bon, c'est en anglais, mais on devine assez vite de quoi il s'agit. La liste est longue, et pas franchement variée au niveau des thématiques...

Tout cela pourrait faire sourire, sauf si on se souvient que les pages en question sont publiquement accessibles par n'importe qui disposant d'une connexion Internet. Il s'agit bien évidemment d'une erreur de la part de l'administrateur système, mais il est quand même inquiétant de voir qu'en trois clics, on peut arriver à récupérer des informations personnelles plutôt gênantes sur une personne facile à identifier.

Et des données comme celles-là vous concernant, votre fournisseur d'accès à Internet en a certainement des tas. Et depuis le début de l'année, il a l'obligation de les conserver pendant un an, des fois qu'un officier de police ou des RG souhaite y jeter un oeil. Pour des raisons tout à fait légitimes, ça va sans dire.

Comparaison d'un script simple en Perl, Python et Ruby

Tiens, suite à une question d'un collègue de boulot aujourd'hui, je me suis amusé à comparer la manière de faire une tâche assez simple dans trois langages de script différents. L'objectif est d'afficher le chemin complet de tous les répertoires contenus (récursivement) dans un répertoire donné (en l'occurrence /var/log). Je trouve le résultat assez représentatif des particularités des différents langages :

En Python

import os
from os.path import join
for root, dirs, files in os.walk('/var/log'):
    for name in dirs:
        print join(root, name)

C'est pas forcément super intuitif (faut comprendre que la fonction os.walk renvoit un tuple avec le répertoire racine, les répertoires contenus et les fichiers contenus de chaque sous-répertoire parcouru. Mais c'est assez efficace.

En Perl

use File::Find;
find sub { print $File::Find::name, "
" if -d } , '/var/log';

Ah bah c'est sûr, difficile de faire plus bref. Mais c'est pas forcément évident du premier coup d'oeil, entre l'utilisation d'une référence à une fonction en argument de find, ou celui du test -d.

En Ruby

require 'find'
Find.find('/var/log') { |path| puts path if File.directory?(path) }

Et voilà. Simple, lisible, compact, compréhensible (du moins si on a compris le concept de bloc et d'itérateur). En un mot : é-lé-gant.

Bon, allez, je suis pas tout à fait objectif, je vous l'accorde...

vendredi 18 août 2006

Boîtes aux lettres corrompues par Procmail

Il y a visiblement un petit problème récurrent avec procmail, l'outil de tri de courrier électronique sous Linux, que la plupart des gens utilisent sans forcément le savoir. J'avais déjà rencontré le souci il y a pas mal de temps, ça s'était réglé, et finalement c'est revenu.

Le problème vient du fait qu'à certains moments, les fichiers stockant les messages reçus, du type /var/mail/user, sont corrompus car ils commencent par rom au lieu du traditionnel et attendu From. Du coup, plus moyen d'accéder aux messages situés à l'intérieur.

La solution est facile à trouver avec un minimum de googling, mais je la mets ici pour m'en souvenir : il suffit de rajouter le code suivant à la fin de votre fichier procmailrc (en général, ~/.procmailrc).

:0
* ^^rom 
{
 LOG="*** Dropped F off From_ header! Fixing up. "

 :0 fhw
 | sed -e '1s/^/F/'

}

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