Humus numericus

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R, Spip et autres

lundi 8 mars 2010

Comment protéger une adresse mail destinée à un enfant ?

L’autre jour ma fille de six ans et demi a eu envie que je lui installe un client mail sur son interface sur notre ordi familial. J’ai trouvé que c’était une bonne idée, mais je ne voulais évidemment pas utiliser une adresse ouverte à tous les vents, avec risque notamment de recevoir des spams inappropriés. La cahier des charges était donc le suivant :

  • que les deux parents reçoivent systématiquement une copie des messages reçus sur la boîte ;
  • que les messages reçus sur la boîte mail ne soient diffusés qu’après validation manuelle de la part d’un des deux parents ;
  • ajouter la possibilité de “whitelister” certaines adresses d’expédition pour ne pas avoir à valider systématiquement les messages qui en proviennent

Oui, bon, je sais, ça fait un peu big brother, mais vu le type de spam qu’on reçoit parfois, y compris sur des adresses a priori totalement privées, je préfère bétonner un maximum pour l’instant.

Je me suis demandé comment faire ça avec Postfix, Procmail ou je ne sais quel assemblage d’applications que j’utilise pour le mail, et puis j’ai finalement trouvé une solution que je trouve pas trop compliquée, et qui passe par la création d’une liste de diffusion, ici avec Mailman.

Donc voici la marche à suivre :

  1. Créer une liste de diffusion nommée prenom@domaine.org (l’adresse mail publique attribuée à l’enfant)
  2. Mettre les mails des parents comme administrateurs de la liste
  3. La configurer pour que tous les envois soient modérés par défaut, avec validation manuelle des administrateurs de la liste
  4. Créer une adresse mail “de transit” du type mail.prenom@domaine.org
  5. Abonner à la liste prenom@domaine.org les deux parents, ainsi que mail.prenom@domaine.org
  6. Configurer le client mail sur l’ordi familial pour aller lire les mails sur la boîte mail.prenom@domaine.org, tout en envoyant les mails avec l’adresse prenom@domaine.org

Et voilou ! À partir de là, chaque message envoyé à prenom@domaine.org passe par une phase de modération, et les deux parents reçoivent un mail avec un lien leur permettant de rejeter ou valider le message, et en plus la possibilité de placer l’expéditeur sur liste blanche (ou liste noire) pour éviter les validations ultérieures. Une fois le message validé, il est ensuite transféré de manière transparente sur la boite mail.prenom@domaine.org (donc à l’enfant) et sur les boîtes des parents.

Voilà, je ne sais pas si c’est très clair, mais ça a le mérite de fonctionner en tous cas :-)

vendredi 6 février 2009

Déscolarisation

Normand Baillargeon (l'auteur notamment de l'ordre moins le pouvoir, petite introduction à l'histoire et aux idées de l'anarchisme) vient de publier sur son blog un article sur l'éducation à domicile dans le contexte nord-américain. Comme c'est un sujet qui me pose pas mal questions (et qui risque de m'en poser de plus en plus), j'ai pris le temps de rédiger un commentaire du genre "tartine". Du coup, étant un gros flemmard souhaitant rentabiliser au maximum toute calorie dépensée, je le recopie ici-même, tel quel, sans même un texte d'introduction :

Merci pour ce texte très intéressant !

Le versant politique de la question me semble particulièrement délicat, et en tous cas m'interroge. Je précise cependant que je parle dans un contexte français, et que ce qui suit n'aura peut-être guère de sens dans un contexte nord-américain qui m'est totalement étranger...

On connaît notamment depuis les travaux de Bourdieu le rôle fondamental que joue l'école dans la reproduction de la hiérarchie sociale et des rapports de domination, et surtout dans leur légitimation, en faisant croire que certains mériteraient d'occuper des positions sociales "supérieures" du fait de prétendues capacités intellectuelles, alors qu'on sait que la plus grande part de la réussite scolaire provient du capital scolaire des parents et de l'adéquation "naturelle" entre l'univers familial et les attentes du système scolaire. L'école devient donc une instance de reproduction (imparfaite mais bien réelle) du capital scolaire qui légitime ensuite, au nom d'une inexistante "égalité des chances", les inégalités de considération et de rémunérations qui suivent.

Par ailleurs, de nombreux auteurs ont bien pointé le caractère particulièrement violent de l'institution scolaire. En premier lieu vis-à-vis des élèves qui réussissent le moins, et à qui l'on renvoie dès le plus jeune âge et pendant des années une image fortement négative. Mais aussi plus généralement pour l'ensemble des enfants, qui se retrouvent dans un lieu clos, très réglementé, soumis à l'arbitraire de l'enseignant et du travail qu'ils doivent effectuer, et exposés au stress d'une évaluation continue, et parfois continuellement négative.

Face à cette violence, je comprends tout à fait la volonté de sortir les enfants de cette institution et de leur épargner cette épreuve dont on peut penser qu'elle est loin de n'avoir que des effets positifs.

Un des problèmes, il me semble, est que cette démarche n'est possible que pour une petite partie de la population : en résumé, celle qui peut trouver le temps d'éduquer ses enfants, donc qui parvient d'une manière ou d'une autre à trouver des revenus suffisants par ailleurs. Et surtout celle qui dispose du capital scolaire suffisant pour pouvoir se mettre en position "d'éducateur" et se substituer au système scolaire. Car au bout du compte, du moins en France, il y a quand même un "programme" officiel à suivre, et donc des savoirs et compétences proprement scolaires à transmettre, ce qui nécessite une familiarité et une aisance vis-à-vis de ces savoirs et compétences. Au final, j'imagine qu'on retrouvera beaucoup plus d'enfants éduqués à domicile dans des familles à fort capital scolaire que dans des familles populaires.

D'autre part, si l'éducation à domicile peut permettre de contourner et de lutter contre la violence de l'institution scolaire (seulement pour ses propres enfants, mais ce n'est déjà pas rien), elle ne permet pas en elle-même de lutter contre l'aspect "reproduction sociale" de l'école : au final l'objectif du diplôme demeure forcément (il pourrait difficilement en être autrement) et la légitimation de hiérarchies sociales arbitraires également. On pourra à juste titre objecter qu'on ne peut pas demander à une démarche individuelle de remettre en cause les fondements même d'un système social, mais il me semble quand même important de ne pas perdre de vue cet aspect de l'institution scolaire.

Si on additionne ces deux "limites", on aboutit au risque, en caricaturant fortement, de voir dans l'éducation à domicile une démarche réservée à une fraction de la population scolairement privilégiée et lui permettant d'assurer la reproduction de son propre capital scolaire "entre soi" et en laissant le reste de la population, et notamment les moins favorisés, se débrouiller avec une institution scolaire jugée néfaste.

Je ne veux pas dire par là que les personnes qui déscolarisent leurs enfants le font avec cet objectif. La plupart de ceux que je connais personnellement le font avant tout dans l'intérêt de leur enfant et car ils refusent de se soumettre à l'institution scolaire. Il s'agit en ce sens d'une démarche exigeante (en temps et en énergie) et courageuse (car le plus souvent socialement assez mal vu, y compris en France dans des milieux "progressistes"). Mais il reste pour moi ce dilemme entre d'une part la volonté de sortir ses propres enfants de l'école et d'expérimenter des formes alternatives d'apprentissages et d'éducation et d'autre part le risque de donner l'impression de "jouer perso" et de s'offrir une sorte "d'école sur mesure" laissant de côté tous ceux qui n'en ont pas scolairement les moyens.

samedi 13 janvier 2007

Deux perles

Une première il y a quelques jours :

- il faudrait que je le peinde
- que tu le peignes !
- ben non ! que tu le peignes c'est pour peigner !

Et une autre ce soir :

Moi je suis la reine, et toi t'es le rein !

jeudi 3 novembre 2005

Petit ours brun est un con

Oui, je parle bien du petit ours brun qu'on peut retrouver dans Popi et autre Pomme d'api, magazines pour chérubins de Bayard presse, éditeur catho (Pèlerin, La Croix, etc.).

Petit ours brun est un enfant bien. On sait pas trop quel âge il a, mais il a des aventures passionnantes (manger, aller se coucher, prendre le train) et porte des charentaises. La maman de petit ours brun est une femme bien. Elle incarne la féminité, d'ailleurs elle porte toujours des robes (de préférence à volants ou à carreaux), c'est elle qui fait la cuisine, et quand elle prend le train elle lit Art magazine. Le papa de petit ours brun est un gars bien. Il incarne l'autorité, d'ailleurs il a de gros sourcils. Des fois il tire les oreilles de petit ours brun, mais c'est quand celui-ci dit "non" trop de fois consécutivement.

Les dessins de petit ours brun sont aussi expressifs qu'un visage de Playmobil éclairé aux néons. Les histoires de petit ours brun sont aussi passionnantes qu'une aventure de Teletubbies sous morphine. D'ailleurs, toutes les phrases commencent pareil : "petit ours brun dit que", "maman répond", "papa va aux cabinets" (bon, celle-là, elle est assez rare). Mais c'est normal, car les enfants sont un peu bêtes. Il faut éviter de leur lire des phrases trop compliquées et trop variées, sinon après on a une jeunesse sans repères qui va se jeter dans les transformateurs électriques sans raison, comme ça, juste pour s'amuser.

Non, là, je divague. Ça m'étonnerait que les victimes de Clichy-sous-Bois aient beaucoup lu "Petit ours brun" quand ils étaient petits.

mardi 1 novembre 2005

Le panier à doudous trouvés

Le parc de la tête d'or, à Lyon, est l'un des parcs les plus beaux et les mieux foutus que je connaisse. Du coup, forcément, dès qu'il fait beau les allées se transforment en autoroutes, et dans le lot, de nombreux enfants en poussettes, sur leur tricycle ou en train de courir partout. Parmi ceux-ci, fatalement, un certain nombre en viennent à égarer leur doudou entre deux visites au zoo (sordide, vivement la réhabilitation).

C'est ce qui est arrivé à Emma il y a déjà plus d'un mois. La perte de sa girafe québécoise préférée avait été un peu dure à avaler, mais ça ne s'était pas trop mal passé. Malgré les recherches répétées dans le parc, à la police municipale ou chez les commerçants ambulants du coin, pas moyen de retrouver trace du doudou égaré.

Ça faisait donc un moment qu'on n'y pensait plus lorsqu'aujourd'hui, de nouveau en balade au parc, nous avons décidé de nous payer une crêpe au camion qui se trouve à côté des manèges pour enfants. Et là, voilà ce sur quoi nous sommes tombés (désolé pour la qualité de la photo) :

Le panier à doudous trouvés

...et dans le panier à doudous trouvés, on apercevait la tête de notre girafe favorite, coincée entre deux nounours et trois lapins. Bon, elle sentait un peu la pâte à crêpe et la friture, mais je peux vous dire que les retrouvailles ont été plutôt joyeuses et émouvantes.

Donc voilà, tout ça pour dire que si par hasard vous avez perdu un doudou ou une peluche dans le parc de la tête d'or, n'hésitez pas à faire un tour au camion qui vend des crêpes et des gaufres, dans le coin où se trouvent les deux manèges pour enfants. On ne sait jamais, y'a parfois des bonnes surprises !