Humus numericus

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R, Spip et autres

vendredi 7 juillet 2006

Petite astuce pour le sélecteur de fichiers de Gnome

Je ne sais pas si vous êtes du même avis, mais j'ai personnellement du mal avec l'actuel sélecteur de fichier de Gnome, qui sert entre autres pour toutes les fonctions relatives au file system de Firefox. Ce qui est le plus gênant est surtout l'impossibilité à première vue de pouvoir rentrer directement le nom du fichier au clavier, par auto-complétion ou par copier-coller.

Et ben en fait c'est possible. Il suffit de faire un petit Control + L et un champ texte s'ouvre devans vos petit yeux émerveillés, champ dans lequel vous pouvez saisir le nom du fichier, avec en prime une autocomplétion digne de la ligne de commande. Si c'est pas du bonheur...

lundi 19 juin 2006

Installation du client Cisco VPN avec un noyau 2.6.16

Je viens de me rendre compte que mon client VPN Cisco ne fonctionnait plus au boulot depuis mon passage au noyau linux 2.6.16.18. Après un peu de Googling, voici les deux opérations à effectuer pour que ça tourne :

Problème de compilation

Pour régler l'erreur apparaissant à la compilation du module, il faut éditer le fichier linuxcniapi.c et remplacer toutes les occurrences de skb->stamp en skb->tstamp.

Problème à l'initialisation

Une fois le module compilé et chargé, je n'arrivais plus à lancer le VPN et me retrouvais avec le message d'erreur suivant :

privsep: unable to drop privileges: group set failed.

La solution est assez simple : un petit chmod 4111 /opt/cisco-vpnclient/bin/cvpnd et ça roule.

Je préfèrerais utiliser un client libre comme vpnc, mais il ne fonctionne pas avec notre super installation de la mort qui tue du boulot. Bref.

mardi 6 juin 2006

Ségolène Royal ou le délire journalistique

J'ai l'impression que ce qui se passe médiatiquement parlant autour de Ségolène Royal est particulièrement emblématique de l'accroissement de dérives journalistiques qui ne datent pourtant pas d'hier.

L'exposition médiatique dont bénéficie la bougresse est proprement ahurissante. Plus ça va, et plus chacun de ses faits et gestes sont systématiquement disséqués à la recherche de petites phrases entraînant des heures de commentaires et de faux débats. Sa visibilité est supérieure à celle de tous les autres candidats potentiels, qu'ils soient du PS ou non. Le camp médiatique semble (pour l'instant) avoir choisi son camp, ce qui, au passage, en dit long sur le degré de subversion et de dangerosité des Royalistes.

Un premier phénomène bien connu et intéressant à observer est celui de la pompe qui s'auto-alimente. On ne parle que de Ségolène Royal, on ne voit que Ségolène Royal, et ensuite on demande à des instituts de sondage de téléphoner rapido à 900 français pseudo-représentatifs pour leur demander qui ils verraient plutôt comme candidats socialos. Et là, incroyable, la majorité répond "Ségolène Royal". Evidemment pas par conviction, mais qu'est-ce que vous voulez répondre d'autre si vous n'êtes pas vous-mêmes membre du PS et partisan d'un autre candidat ? Que répondraient des sympathisants de droite à la question "Quel est pour vous le meilleur candidat aux présidentielles de Lutte ouvrière" ?

La déferlante médiatique qui a suivi les propos ségolènistes sur la délinquance des mineurs s'inscrit dans cette dynamique-là. Sans revenir sur le fond du problème (certains l'ont déjà très bien fait), au moins cette réaction pouvait se pseudo-justifier par l'étonnement de trouver des idées d'extrême-droite chez un candidat que seuls les médias désignent encore comme de gauche.

Mais là où ça devient à mon avis proprement phénoménal, c'est la réaction qui a suivi concernant les propos Royalistes sur les 35 heures. J'ai un peu écouté la radio hier soir, et la publication de quelques lignes à ce sujet sur le site web (prétentieux) de la présidentiable a fait la une de presque tous les flashs infos. Mais ce qui m'a le plus frappé, c'est l'absence totale d'analyse des propos en question : en général, l'info consistait à dire "Ségolène Royal a critiqué les 35 heures", parfois on avait droit à la précision "car elle estime que la mesure a été défavorable aux plus fragiles", pour ensuite enchaîner directement sur des réactions politiques, notamment de l'UMP se félicitant que l'égérie socialiste se rapproche encore un peu plus du programme de Sarkozy.

Et là, franchement, il y a quelque chose de totalement absurde. Car si on regarde ce qu'a réellement écrit Ségolène Royal sur les 35 heures, et même si ça me fait mal de le dire, et bien c'est loin d'être con. C'est même de mon point de vue tout à fait exact. Je suis personnellement satisfait des 35 heures, comme la plupart des "cadres", car j'ai droit à mes jours de RTT supplémentaires sans augmentation de cadence particulière. Mais ça n'est évidemment pas le cas de ceux qui ont vu cette soit-disant avancée sociale s'accompagner d'un passage aux trois-huit, en horaires décalsé, ou d'une annualisation du temps de travail. Tout ceci avait déjà été largement dénoncé par la "vraie" gauche au moment de la mise en place des trente-cinq heures, et l'est encore de manière très convaincante à l'intérieur même du PS, par des gens qui ont la particularité de savoir de quoi ils parlent.

Les propos Royalistes sur les 35 heures n'ont donc rien à voir avec ceux qu'elle a tenu sur la délinquance des mineurs. Ils en sont même le parfait opposé. Mais aucun média de masse n'a eu l'air de s'en apercevoir : c'est proprement effarant. C'est comme si le neurone journalistique collectif, convaincu trois jours auparavant que Ségolène Royal était devenu sarkozyste, était incapable d'analyser un nouvel élément allant dans une autre direction. Ceci en dit (encore un peu plus) long sur la manière dont les médias peuvent parfaitement nier la réalité la plus évidente si celle-ci ne cadre pas exactement avec leur vision du monde a très court terme.

À ce niveau-là, on ne peut même plus qualifier la pensée journalistique de masse de désert : le Sahara parvient encore, lui, à abriter certaines formes de vie.

jeudi 18 mai 2006

« Pour un monde plus juste, faites vos courses »

« Pour un monde plus juste, faites vos courses ». Cette phrase semble tout droit sortie du demi-cerveau d'un étudiant fraîchement émoulu d'une école de marketing qui aurait trouvé un stage de communicant chez Carrefour. Et bien non. Ou en fait, peut-être que si, sauf qu'il ne s'agit pas d'une pub pour Carrefour, mais d'une réclame pour Max Havelaar, « le label qui garantit le commerce equitable ». Et cette pub se trouve en dernière page du dernier Monde diplo, dont on apprend qu'il a d'ailleurs offert ce magnifique espace publicitaire a notre subversif annonceur. Trop sympa.

En dessous de ce slogan d'anthologie, on trouve en petits caractères le développement de la pensée de son auteur :

« Parce que les grands changements commencent par des gestes simples, ... »

Celle-là doit être à la page quatre du manuel des poncifs les plus éculés. Ça me rappelle les discours du type « oui mais pour changer la société, faudrait d'abord changer les gens » (sous entendu les autres). Et en attendant que ces salauds se décident à changer, je peux continuer à jouer en bourse l'esprit léger. Bref. Vous en connaissez beaucoup, vous, des grands changements qui ont commencé par des petits gestes ? 1789 ? La conquête des droits syndicaux ? Le front populaire ?

« ... grace a votre participation active au commerce équitable, ... »

C'est quoi une participation « active » au commerce équitable ? Monter une association ? Être bénévole ou militant dans un mouvement ? Signer des pétitions, écrire aux élus, boycotter les multinationales ? En fait, non. Tout cela est précisé dans la phrase d'après : « Café, chocolat, banane, jus de fruit, riz, vêtements en coton... sont autant de produits que vous pouvez acheter dans votre point de vente habituel ». Voilà. C'est ça une participation active : acheter les produits qu'on achète d'habitude, et au même endroit que d'habitude. Je consomme autant et pareil, je fais mes courses avec ma bagnole dans un hypermarché qui écrase les producteurs, vend de la merde inutile a prix d'or tout en bafouant les droits de ses salariés, et mine que rien, sans même vraiment m'en rendre compte, en fait, là, en mettant mon paquet de café dans mon caddy, je fais la révolution. Acheter des bananes avec le logo Max Havelaar dessus, c'est un peu comme si je montais une barricade au rayon charcuterie.

« ... vous contribuez à rendre le monde plus juste et donc plus égal. »

Acheter équitable aiderait donc à rendre le monde plus juste. Ça se discute (moins injuste serait sans doute plus exact), mais à la rigueur. Mais admirez le glissement sémantique : « et donc plus égal ». Alors là, non. Si on passe outre le fait qu'un « monde plus égal » ne veut strictement rien dire, on notera quand même que la confusion des notions de justice, d'équité et d'égalité est un procédé réthorique assez classique et pernicieux. Car Max Havelaar fait du commerce équitable, pas du commerce égalitaire. Son objectif n'est pas de fournir aux paysans du sud un niveau de vie égal à celui des consommateurs du nord, mais juste de lui permettre « de vivre de leur travail ». Il n'y a là rien de subversif, on pourrait même en forçant un peu le trait l'interpréter comme une manière de prolonger indirectement la durée de vie du système en évitant qu'il ne s'autodétruise par anéantissement des forces de travail les plus exploitées.

Tout cela me rappelle un article récent de CQFD sur le tri sélectif : par des « gestes simples », chacun a l'impression de faire quelque chose pour l'environnement. Et au final, le résultat est que des entreprises en profitent pour se créer des nouveaux marchés, d'autres évitent de voir remettre en question leur pratique de marketing et d'emballage à tout va, la société de consommation peut continuer à obésiter tranquille, tandis qu'en définitive très peu de déchêts sont réellement recyclés et qu'on continue a construire des incinérateurs géants.

À l'automne dernier, quand je suis allé chez l'Artisans du monde du quartier pour acheter mon huile d'olive et mon chocolat, j'avais été frappé par une remarque lancée par une mémé bénévole sur le seuil du magasin : « et n'oubliez pas de revenir pour Noël, on aura plein de choses intéressantes ! ». Quel peut bien être le sens d'un engagement dont l'objectif principal devient de faire du chiffre, comme n'importe quelle boîte privée ?

On sait bien qu'une des grandes forces du capitalisme, qui explique en partie sa longévité, est sa capacité à absorber et à intégrer ses adversaires. Et bien ça y'est, je crois que le commerce équitable a bel et bien été machouillé, avalé, et digéré.

mercredi 17 mai 2006

Traduction française du tutoriel sur Ajax et Rails

Ça y est, je viens de terminer la traduction en français du tutoriel initialement rédigé en anglais et désormais baptisé Comment paginer, trier et filtrer un tableau avec Ajax et Rails.

Ça fait bizarre de traduire un texte qu'on a écrit soi-même. En fait, y'a plus passionnant à faire, je dirais.

Le document est disponible en ligne et en version PDF (malheureusement pas super propre).

Voilà les liens pour voir tout ça :

jeudi 11 mai 2006

Tutoriel en anglais sur Ajax et Ruby on Rails

Ayé, je viens de mettre en ligne mon premier tutoriel en anglais sur dev.nozav.org. Son doux nom est How to paginate, sort and search a table with Ajax and Rails. En gros, ça explique comment afficher un tableau et implémenter des fonctions de pagination, tri par colonne et recherche "en temps réel" à l'aide d'Ajax, et d'avoir donc une interface web plus réactive qu'avec des pages "classiques".

Le tout est expliqué sous la forme d'une application Ruby on Rails dont l'installation et configuration est brièvement décrite.

Je compte faire une traduction en français dans les jours (semaines ?) qui viennent...

vendredi 28 avril 2006

Ouverture de dev.nozav.org

Ça y est, je viens enfin de finaliser et de mettre en ligne le site que je projette depuis un moment et qui devrait accueillir différents documents, scripts, projets... en fonction de mon (in)activité du moment. Le site en question est hébergé chez hcoop, hébergeur coopératif étatsunien, et est généré par Emacs et son mode de publication Muse mode. Après avois testé différentes solutions sous formes de wikis/blogs/CMS, en Rails/PHP/Ruby, je suis finalement retourné à ce bon vieil Emacs et à des pages statiques générées à partir d'une syntaxe de type Wiki vers différents formats possibles (HTML, LaTeX, PDF, Docbook...)

L'adresse du site :

La page d'accueil par défaut est en anglais, mais y'a une version française dans un coin. J'y ai déjà rapatrié mes trois documents sur Subversion, Ion3 et XML, l'ancienne page de documentation devrait être désactivée d'ici peu...

mardi 18 avril 2006

Hébergeurs alternatifs

L'hébergement de sites web et d'autres services liés à l'Internet (mails, domaines, listes...) constitue un marché plutôt ouvert sur lequel se trouvent des offres très différentes, d'autant plus si l'on considère que les frontières ne sont pas franchement un obstacle (héberger un site aux Etats-unis ou en Inde est presque aussi simple que le faire en Poitou-Charentes). On peut donc trouver :

  • de très nombreuses offres commerciales très difficiles à départager en termes de fonctionnalités, prix, support, espaces de stockage ou volume de trafic ;
  • des hébergeurs gratuits, mais souvent au prix de fonctionnalités limitées (pas de noms de domaines) ou de contraintes insupportables (pub) ;
  • des hébergeurs spécialisés, notamment ouverts seulement à des associations à but non lucratifs.

On trouve également un certain nombre d'hébergeurs "alternatifs", qui se situent plus ou moins en dehors des circuits commerciaux classiques et qui gagnent souvent à être connus. Voici un rapide descriptif de trois d'entre eux (la liste n'est certainement pas exhaustive), que je connais plutôt bien puisque je les utilise pas plus tard qu'actuellement.

Ouvaton

Ouvaton est un hébergeur coopératif. Ceci signifie qu'il fonctionne avec des AG et ce genre de choses, et qu'à l'inscription vous aurez à souscrire une ou plusieurs parts sociales de la coopérative. Ouvaton me semble avant tout intéressant pour des sites de petite taille et avec un trafic peu important, faute de quoi l'hébergement peut vite devenir onéreux. Le principe de tarification est celui de "briques de base", qui correspondent chacune à 20Mo d'espace disque et à 600Mo de trafic mensuel pour un coût annuel de 12 euros par an. Pour ce prix-là vous avez de la gestion de domaines et de mails, du PHP, une base MySQL, et des listes de discussion rudimentaires. D'expérience, les problèmes techniques sont assez rares (sauf quand RedBus tombe en rade, bien sûr), et le support plutôt réactif. L'implication possible dans la vie de la structure se fait surtout à travers les AG ou la participation à des sites de documentation et d'échanges.

En deux mots, Ouvaton me semble intéressant pour un site de petite taille ne nécessitant qu'une ou deux briques d'hébergement. Au-delà, on peut trouver des offres plus intéressantes.

L'autre net

L'autre net est un hébergeur autogéré. Il s'agit à la base d'une association, qui essaie d'appliquer le principe de l'autogestion pour son fonctionnement : en gros, deux listes de discussions servent de "lieux de vie" et un système de vote permet de trancher les choix importants. En pratique, le maintien d'une activité démocratique soutenue n'est pas évident et le système repose essentiellement sur les épaules de quelques bénévoles, notamment les administrateurs des serveurs. L'offre de l'autre net est intéressante puisque pour 23 euros par an, vous avez droit à 500Mo d'espace de stockage, pas de limite en termes de trafic (si ça reste raisonnable), une gestion des noms de domaines et des mails, des listes de discussion avec Mailman, du PHP, une base MySQL. Le fonctionnement des serveurs reposant entièrement sur une poignée de bénévoles, il peut arriver que des difficultés techniques ne soient pas résolues dans la minute, ou que certaines opérations délicates (comme la migration de Debian Woody vers Sarge) entraînent des perturbations, mais depuis que j'utilise leurs services (ce site, mon mail, plusieurs listes), je n'ai vraiment pas à me plaindre de quoi que ce soit. Et puis si j'avais à me plaindre, je n'aurais qu'à mettre la main à la pâte, car la participation de tous est vraiment encouragée.

L'autre net est donc un hébergeur intéressant, sans doute plus engagé qu'Ouvaton sur pas mal d'aspects, et qui propose des services très intéressants à un prix défiant toute concurrence. Je le recommande donc vivement, sauf si vous voulez monter un site de e-business avec une disponibilité de 99,99%. Mais dans ce cas, vous ne seriez pas en train de lire ce billet.

Hcoop

Enfin, dernière piste, Hcoop est un hébergeur situé aux Etats-Unis et qui fonctionne de manière assez proche de celle de L'autre net. Il s'agit par contre d'un service orienté vers les utilisateurs expérimentés (maîtrise de l'anglais, connaissance de la ligne de commande sous Linux et de la configuration de base d'Apache obligatoires). Il s'agit en fait d'un regroupement de personnes qui se partagent les frais pour la location de deux serveurs dédiés pour un montant d'environ 200 dollars par mois. Le coût total est divisé par le nombre d'adhérents, qui tourne actuellement autour de 60, ce qui fait environ 3 dollars par mois et par adhérent (le paiement se fait par Paypal). Les services proposés sont très riches du moment qu'on sait les utiliser, et les quotas sont assez flous du moment que personne ne nuit trop au fonctionnement de l'ensemble. En gros, pour ce prix là vous avez autour de 1Go d'espace, un trafic important, un accès SSH direct au serveur, de l'hébergement de domaines, de mails, de listes de discussion avec Mailman, mais aussi du CGI (mais pas de FastCGI), ce qui vous permet de faire tourner du Python, Perl, Ruby, PHP... Mais la force de Hcoop est que tout cela est à la fois très souple et très sécurisé. Comme vous avez un accès direct à un serveur sous Debian Testing, vous pouvez très bien vous installer une base MySQL, Postgres ou SQLite, un dépôt Subversion, voire vous recompiler votre propre Apache, etc. Mais tout cela est également très bien conçu dès le départ et très bien encadré. Il semble également y avoir une vie démocratique interne avec des listes de discussion, un bureau élu, un wiki, un système de votes, etc. Le fait que le serveur soit aux Etats-Unis ne pose pas de problèmes en termes de temps d'accès d'après ce que j'ai pu constater.

Je recommanderais donc Hcoop à des utilisateurs avertis souhaitant avoir une grande souplesse d'utilisation pour un prix au final plutôt modique, surtout compte tenu des taux de change actuels.

vendredi 14 avril 2006

Appel à signer pour l'amnistie des anti-CPE

L'Huma vient de sortir un appel pour la libération des personnes interpellées et inculpées au cours du mouvement anti-CPE. Il faut rappeler la manière dont les jeunes ont été arrêtés, le plus souvent violemment et dans un arbitraire quasi-total, et la justice d'abattage qui les a condamnés fréquemment à de la prison ferme de manière expéditive et sans procès équitable.

Et il faut sans cesse rappeler que les violences qui ont eu lieu sont une réponse aux violences gouvernementales (surtout) et policières (parfois) et au mépris qu'on nous a inflogé pendant de longues semaines.

L'appel se trouve là :

http://www.humanite.fr/petition/meta828136

mercredi 5 avril 2006

Textile mode

Youpi, youpla, je viens de créer mon premier major mode pour Emacs. C'est un mode visant à faciliter l'écriture de document suivant la syntaxe de balisage Textile.

Pour l'instant il ne fait pas grand-chose, c'est à dire seulement de la coloration syntaxique, et il est en version vraiment alpha, pas plus testée que ça. N'hésitez pas à me faire remonter tout bug ou commentaire.

La dernière version du script peut être téléchargée là :

http://svn.nozav.org/scripts/elisp/textile-mode/textile-mode.el

Pour plus d'informations sur Textile, vous pouvez consulter :

mercredi 29 mars 2006

Après "mangez des pommes", voici "mangez des poules"...

Tout le monde se rappelle du malheureusement célèbre "mangez des pommes" lancé par Chirac lors de la campagne présidentielle de 1995. Ce célèbre slogan n'était autre que le témoin de la profondeur et de la sincérité d'un projet politique bidon articulé autour du thème de la réduction de la fracture sociale au bénéfice de pauvres dont il avait soudain oublié le bruit et l'odeur. Ce qui, accessoirement, lui avait permis d'être élu.

Et bien Ségolène Royal, l'autoproclamée pseudo-candidate centriste aux prochaines élections présidentielles, vient de tenter une grossière contrefaçon avec une légère variante qu'on pourrait résumer par "mangez des poules". En déplacement dans une foire avicole, elle a en effet exhorté la population française à "sauver la filère avicole" en consommant "deux volailles par semaine". Elle aurait même ajouté : "Henri IV faisait la poule au pot le dimanche, nous on double la mise".

Il serait cependant trop facile d'attirer l'attention sur une déclaration isolée et décontextualisée. Ségolène Royal n'en est pas à son premier coup d'éclat politique. Preuve de sa radicalité de sa pensée et de l'authenticité de son projet politique, elle avait déjà coupé le souffle à l'opposition en annonçant le 7 mars dernier que la région qu'elle préside couperait ses subventions aux entreprises employant des CPE-CNE. Oui, oui, le 7 mars 2006. Alors que les CNE existent depuis le 2 août 2005. On admire l'esprit visionnaire et dénué d'opportunisme. Mais Ségolène va plus loin encore, elle n'hésite pas à dépasser un cadre national étriqué pour aller chercher ses idées loin à l'étranger, par exemple chez Tony Blair, qui n'est autre, je vous le rappelle, que Margaret Thatcher en plus féminin.

Bref. Quel est le projet de Ségolène Royal et du PS pour les présidentielles de 2007 ? Rien. Quelles sont les alternatives qu'elle propose pour lutter contre la pauvreté, le chômage, la précarité ? Rien. Que compte-t-elle faire des 24 milliards d'euros annuels versés aux patrons en réductions de cotisations sociales et qui ne servent à rien ? Rien, justement. Compte-t-elle renationaliser France Telecom, entreprise qui autrefois, publique, gagnait de l'argent tout en employant de nombreuses personnes dans des conditions acceptables, alors qu'aujourd'hui c'est une boîte privée qui perd du fric, nous innonde de pubs et de services inutiles tout en ayant réduit ses effectifs et entraîné une dégradation énorme des conditions de travail ? Apparemment non.

Ségolène Royal n'est, au fond, qu'un reflet. Une image. Un pur artefact médiatique, monté en épingle par des médias qui passent leur temps à s'écouter les uns les autres et à chercher qui mettre en première page de leurs sacs-à-pubs. Mais derrière, il n'y a rien. Niet. Néant. Pas une idée, pas un projet.

Et voilà qu'on commence déjà à nous balancer la question du "vote utile", que quand même, "ça va pas se passer comme en 2002", que cette fois les gens ne vont pas aller se disperser au premier tour et risquer un duel Sarkozy-Le Pen au second. Ben voyons. Si le PS n'a pas de candidat au second tour, ils n'auront à s'en prendre qu'à eux-mêmes. Cinq ans qu'ils n'avaient que ça à foutre, pondre un projet, des idées, une réflexion, une concertation, bâtir quelque chose de radical et fédérateur. Cinq ans qu'ils n'ont rien fait de tout cela, préférant se faire refaire les dents comme s'ils allaient au concours du salon de l'agriculture.

Voter utile, ça n'est certainement pas voter pour rien.

mardi 21 mars 2006

Quelques réflexions sur le concept d’égalité

Ce texte se veut une participation à l’appel à contribution lancé par le collectif Les mots sont importants sur le thème Qu’est-ce que l’égalité ; il vient d'ailleurs d'être publié sur leur site. Il s’appuie sur des convictions personnelles plus que sur de nombreux auteurs ou références. Il se place dans une perspective qui n’est ni pragmatique ni réaliste mais délibérément utopique. Enfin, il repose sur deux idées principales : l’égalité est une valeur fondamentale et un principe directeur de l’action humaine ; elle n’a de sens réel que si elle se concrétise par une égalité de fait.

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