Humus numericus

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R, Spip et autres

samedi 11 mars 2006

Hébergement pour Ruby on Rails

Comme je m'intéresse de plus en plus à Ruby et Ruby on Rails, d'autant que j'ai l'occasion de m'y mettre au boulot, je me suis demandé quels pouvaient être les hébergeurs intéressants pour un hébergement de sites web en général et d'applis RoR en particulier.

Il y'a pas mal d'infos là-dessus sur le wiki de RoR, avec toute une liste d'hébergeurs disponibles. Une liste un peu plus synthétique se trouve sur Rails Hosting, avec en plus un avis personnel : les hébergements les plus sérieux se trouveraient sur TextDrive (l'hébergeur officiellement soutenu par RoR, mais un peu cher), Site5 et Dreamhost. A noter que le seul hébergeur français à proposer RoR est Typhon, qui propose d'ailleurs une offre de découverte de Rails.

En m'y penchant d'un peu plus près, j'ai trouvé que l'offre de Dreamhost était assez stupéfiante : 20 Go d'espace (avec 160 Mo de plus chaque semaine), 1 To de trafic (avec 8 Go de plus chaque semaine), domaines, mails, listes de diffusions illimités, un nom de domaine gratuit pendant toute la durée de l'hébergement, bases MySql illimitées, PHP4, PHP5, Ruby, CGI, FastCGI, accès FTP, SFTP, WebDAV, accès direct sur le serveur par SSH, dépôts CVS et Subversion... le tout pour environ 9.95$ par mois (selon le mode de paiement).

Sachant qu'il y a 97 jours d'essais pendant lesquels on peut changer d'avis et se faire rembourser intégralement, j'ai donc pris un compte pour tester, et ça a l'air de marcher plutôt bien. C'est assez bluffant de pouvoir avoir un accès SSH direct avec un compte sur le serveur tout en sachant qu'on dispose de 20 Go de stockage...

Au niveau du tarif, si le montant annuel peut paraître un peu élevé de prime abord (120 dollars par an, soit environ 100 euros), il faut noter qu'il y a des codes promotions très intéressants disponibles pour une première inscription. Le principe est que pour tout code promotion utilisé, une partie va au nouvel abonné, une autre à celui qui a créé le code. J'en ai créé un qui vous permet de bénéficier de 75$ de promotion pour tous les plans annuels (ce qui fait que je touche 22$ que je pourrai soustraire du prix de mon hébergement) et le maximum possible pour tous les autres plans. Pour être tout à fait honnête, il est possible de bénéficier de réductions plus importantes assez facilement en Googlant un peu.

Si vous souhaitez bénéficier de cette réduc, il vous suffit d'utiliser le code *** (plus d'actualité, cf. ci-dessous).

Mise à jour : je viens de résilier mon abonnement à Dreamhost à l'instant. Non que je sois mécontent de leurs services, mais j'ai trouvé un hébergeur coopératif intéressant et correspondant davantage à mon état d'esprit (je n'étais qu'à moitié à l'aise avec cette histoire de codes promos). A priori le remboursement des sommes engagées si l'on résilie dans les 97 jours semble fonctionner... Du coup, le code promo en question n'est plus valable !

Le plan B est sorti !

Ayé ! Je viens enfin de recevoir le premier numéro du Plan B.

Qu'est-ce-que c'est que ça ? C'est un nouveau journal de critique des médias et d'enquêtes sociales, qui est en fait né de la fusion de deux excellents journaux, à savoir PLPL et Fakir.

Le premier numéro est à la hauteur des espérances. Toujours dans le ton de PLPL, avec encore plus de pages et davantage d'articles de fond tout aussi intéressants et bien documentés.

Histoire d'avoir un petit aperçu, je vous fais un copier/coller de la rubrique Chiffres & délices :

- Nombre moyen d'Allemands de l'Est tués chaque année en tentant de passer à l'Ouest entre 1961 et 1989 : 19.
- Nombre moyen de mexicains morts chaque année depuis 2000 en tentant de passer aux États-Unis : 407.

- Nombre total d'invités en 2005 dans les émissions Campus (France 2), Culture et dépendances (France 3), Mots croisés (France 2) et Ripostes (France 5) : 621.
- Nombre de cadres et professions intellectuelles supérieures invités : 570.
- Nombre d'ouvriers et d'employés invités : 1.

- Nombre de journalistes tués dans le monde en 2005 : 63.
- Nombre de syndicalistes tués dans le monde en 2005 : 145.

mercredi 15 février 2006

Utiliser le browser SWT sous Eclipse 3.1.1 avec Debian

J'utilise depuis peu une version recompilée pour testing du paquet unstable d'Eclipse 3.1.1. Tout fonctionne bien a priori, mais je viens de rencontrer une difficulté après l'installation des RDT (Ruby Development Tools) pour utiliser la vue ri : j'obtiens un message d'erreur me signalant un crash de SWT.

En fait, cette erreur est due à l'impossibilité pour Eclipse et SWT d'utiliser le widget Browser du fait d'une dépendance non-satisfaite, en l'occurrence il a besoin de la librairie libgtkembedmoz.so qu'il ne retrouve pas. Les instructions pour faire tourner tout ça sont dans la FAQ d'Eclipse, mais en fait sous Debian le problème vient du fait que SWT cherche la librairie manquante sous Firefox alors qu'elle n'est présente que sous Mozilla. Et modifier la variable MOZILLA_FIVE_HOME, comme indiqué dans la faq, ne fontionne pas car celle-ci est initialisée dans le script de démarrage d'Eclipse.

La solution la plus simple est donc de modifier le script de démarrage en question, en l'occurrence le fichier /usr/bin/eclipse en transformant le passage suivant :

# Set path for the Mozilla SWT binding
if [ -d /usr/lib/firefox ]; then
    export MOZILLA_FIVE_HOME=/usr/lib/firefox
elif [ -d /usr/lib/mozilla-firefox ]; then
    export MOZILLA_FIVE_HOME=/usr/lib/mozilla-firefox
elif [ -d /usr/lib/mozilla ]; then
    export MOZILLA_FIVE_HOME=/usr/lib/mozilla
fi

en ceci :

# Set path for the Mozilla SWT binding
#if [ -d /usr/lib/firefox ]; then
#    export MOZILLA_FIVE_HOME=/usr/lib/firefox
#elif [ -d /usr/lib/mozilla-firefox ]; then
#    export MOZILLA_FIVE_HOME=/usr/lib/mozilla-firefox
if [ -d /usr/lib/mozilla ]; then
    export MOZILLA_FIVE_HOME=/usr/lib/mozilla
fi

Note : je viens de mettre à jour en version 3.1.2, et le problème est fixé dans le /usr/bin/eclipse de la distribution.

lundi 6 février 2006

Mettre en place un antivirus pour Linux à la maison

A priori, le fait d'utiliser un système Linux met déjà son utilisateur à l'abri de la plupart des virus circulant sur le réseau et qui ciblent des systèmes plus répandus et moins fiables (suivez mon regard). Mais cela ne dispense pas d'utiliser un antivirus, surtout quand il en existe de très bons libres et gratuits comme ClamAV.

Voici la méthode que j'utilise pour filtrer mes mails à la maison. Elle utilise un ptit script Perl trouvé sur le web, et n'est certainement pas adéquate pour un gros serveur gérant des dizaines de comptes mails. Elle suppose que vous ayiez déjà un MTA (type postfix ou exim) qui tourne sur votre machine.

La première chose à faire est d'installer clamav en tant que démon. Sous Debian, comme toujours, c'est très simple, en une commande on installe tout ça ainsi que le service de mise à jour automatique de la base de virus :

# apt-get install clamav-freshclam clamav-daemon

La seconde chose est de faire passer tous les mails à travers l'antivirus. Ceci se fait à l'aide de la commande clamdscan. La solution la plus simple que j'ai trouvée consiste en un petit script Perl nommé clamfilter.pl. Le seul inconvénient est qu'il n'utilise pas le démon, mais le client clamav qui lui lance un processus à chaque mail scanné et prend beaucoup plus de ressources système. Le script étant du domaine public (vive le libre !), j'ai donc modifié une dizaine de caractères pour lui faire utiliser clamdscan plutôt que clamscan. Le résultat est le suivant :

#!/usr/bin/perl -w
#
# ClamFilter 1.0
# by Matt Hahnfeld (http://www.everysoft.com/)
# Requires perl, clamscan, procmail, and this script.
#
# This script is public domain.
#

use strict;
use File::Temp 'tempfile';

&main();
exit 0;

sub main {
  # Set up a temporary file for the original message
  my ($tmpfh, $tmpfn) = tempfile( UNLINK => 1 );
  -w $tmpfn or die 'Could not open temp file!';

  # Pass 1: Write out the temporary file
  while (<STDIN>) {
    print $tmpfh $_;
  }
  seek($tmpfh, 0, 0);

  # Pass 2: Scan the message
  open CLAMSCAN, "/bin/cat $tmpfn | /usr/bin/clamdscan --stdout - 2>/dev/null |" or die 'Could not open clamscan!';
  my $clamstatus = qq|X-Virus-Found: yes
X-Virus-Status:
 
 Virus Scan Status:
 
|;
  while (<CLAMSCAN>) {
    $clamstatus .= ' ' . $_;
  }
  close CLAMSCAN;
  $clamstatus .= qq| 
 

|;

  # Pass 3: Print out the message
  my $bodyflag = 0;
  while (<$tmpfh>) {
    if (! $bodyflag and $_ eq "
") {
      if ($?) {
	print $clamstatus;
      }
      else {
	print "
";
      }
      $bodyflag = 1;
    }
    else {
      print;
    }
  }
}

L'installation de ce script est très simple : copiez le contenu dans un fichier /usr/local/bin/clamfilter.pl, rendez le exécutable avec un petit chmod +x clamfilter.pl et ajoutez la ligne suivante dans votre fichier .procmailrc :

:0fw
| /usr/local/bin/clamfilter.pl

Et voilà ! Normalement tous vos mails devraient être scannés avant leur distribution. S'ils contiennent un virus détecté, le script rajoute un flag X-virus-found: yes dans les en-têtes (pratique pour créer des filtres automatiques dans votre lecteur de mail préféré) et ajoute quelques lignes d'information au début du message.

Vous pouvez tester le bon fonctionnement de votre installation d'abord en vérifiant qu'un mail normal passe sans problème, et ensuite en testant avec le fichier de test d'antivirus eicar.

vendredi 3 février 2006

Des parasites au CNRS ?

Ayant l'immense honneur et fierté de travailler dans cet organisme, j'ai reçu aujourd'hui même le numéro de février 2006 du Journal du CNRS. À première vue, la couverture semble tout à fait banale :

couverture journal cnrs

Mais si on y regarde de plus près, il y a quand même un détail rigolo :

gros plan couverture journal cnrs

Diantre ! Il y aurait des parasites dans les labos du CNRS ? Bon, d'accord, l'article parle en fait de recherches sur les maladies infectieuses et leurs vecteurs de transmission. Mais le raccourci n'est pas totalement dépourvu de pertinence...

Des parasites au CNRS ? Évidemment, des années de propagande anti-fonctionnaires font immédiatement imaginer des feignasses payées à boire le café et à bavasser avec les collègues à longueur de courte journée. Je ne nie d'ailleurs pas que ce genre de cas puisse se rencontrer, mais en général on ferait bien de s'interroger sur le parcours de ces personnes, et notamment sur la reconnaissance de leur travail de la part de leur hiérarchie, avant de juger trop vite. Des gens payés alors qu'ils restent chez eux, il y en aussi. Mais là encore, il s'agit le plus souvent d'une absence de gestion des situations difficiles de la part des ressources humaines de l'organisme, qui préfèrent le plus souvent laisser pourrir les choses plutôt que d'avoir à prendre des décisions.

Quoi qu'il en soit, ce genre de "parasite" n'est certainement pas le plus gênant pour le bon fonctionnement de la recherche française. De même, le fonctionnement administratif du CNRS est tout à fait correct. Même si tout est perfectible et que les évolutions vont rarement dans le bon sens ces temps-ci, n'empêche que les salaires sont versés à temps, il y a un vrai service de formation permanente, l'équivalent d'un comité d'action sociale, et tout cela tourne en définitive plutôt bien (même s'il faudrait sans doute nuancer sur les ressources humaines), surtout si on considère l'équivalent dans l'éducation nationale, par exemple. Et c'est justement cet aspect relativement correct du fonctionnement du CNRS auquel voulait s'attaquer l'ancien directeur éjecté en rajoutant encore des couches de hiérarchie supplémentaires et inutiles à différents niveaux.

Mais il y a malheureusement des niveaux où ça peut coincer beaucoup plus. Je ne parlerai que de ce que je connais un peu, c'est à dire le domaine des sciences humaines, mais là où les choses posent vraiment problème, c'est au niveau scientifique, lorsque celui-ci se mélange au politique, ce qui est malheureusement très souvent le cas, surtout en sciences de l'homme.

Un laboratoire du CNRS est en fait une unité dirigée par un directeur, le plus souvent un chercheur membre du labo. Celui-ci dispose de pouvoir importants, notamment sur l'évaluation des personnels et la gestion des budgets, mais les taches administratives prennent tellement de temps qu'il ne reste plus grand-chose pour faire de la recherche. On a donc souvent deux types de directeurs d'unité possibles :

  • ou bien il s'agit d'un scientifique très reconnu qui s'impose "naturellement" à la tête du laboratoire de par sa réputation. C'est sans doute le moins pire des cas, encore que scientifique et gestionnaire d'équipe ne sont pas forcément des termes équivalents ;
  • ou bien il s'agit de personnes n'étant pas parvenu à faire carrière par la qualité de leur travail de recherche, et qui se rabattent alors sur l'aspect administrativo-poltique pour conquérir du pouvoir et obtenir des promotions. Dans ce cas, c'est en général mauvais signe pour la suite des événements.

Par ailleurs, un concept très à la mode actuellement dans la recherche publique et ailleurs est celui de "mutualisation" : en gros, il s'agit de mettre en commun des moyens et des personnels jusque là éparpillés pour faire une grosse équipe prétendument plus efficace et surtout qui coûtera moins cher. J'ai eu l'occasion de connaître déjà deux expériences de ce type, et dans les deux cas les résultats sont désastreux. Il s'agit en fait de projets :

  • toujours orientés "nouvelles technologies" (c'est vendeur) ;
  • montés par des personnes ne connaissant pas grand-chose auxdites "nouvelles technologies" ;
  • qui adorent se parer des derniers concepts à la mode en termes de "gestion de projet" et autres "travail en réseau". Ces concepts sont évidemment totalement creux ;
  • bénéficiant de budgets importants voire carrément délirants, qui suscitent des convoitises fortes, entraînent des batailles politiques dévastatrices et engendrent parfois du copinage à la limite de la légalité ;
  • coupés de l'activité de recherche (il n'y a pas de chercheurs dans ces unités) et qui finissent rapidement par oublier toute finalité réelle pour tourner en rond et mieux se concentrer sur les guéguerres de pouvoir ;
  • très mal gérés, notamment en ce qui concerne le personnel (souvent contractuel) et la reconnaissance de leur travail puisque les équipes dirigeantes sont avant tout préoccupées par leurs batailles de tranchées de salon ;
  • qui finissent en fiasco et en gaspillage d'argent public.

La pseudo-rationalisation des moyens et de l'organisation finit donc à l'exact opposé de ses prétendus objectifs. Là où on avait une organisation certes relativement éparpillée mais avec un fonctionnement "de proximité", proche de l'activité de recherche et basée sur des personnels statutaires, on finit par des mastodontes prétentieux débordant de moyens et pris d'assauts par les personnes parmi les plus carriéristes et rarement parmi les meilleurs chercheurs.

Les parasites ne sont pas toujours ceux qu'on croit...

mardi 10 janvier 2006

Chavez antisémite ? ou de la désinformation à Libération et au Monde

Peut-être êtes-vous, comme moi, tombés sur l'article de Libération du 9 janvier dernier et délicatement intitulé Le credo antisémite de Hugo Chávez. Dans ce texte signé Jean-Hébert Armengaud, on y apprend que le président vénézuelien aurait prononcé à Noël un discours dont un passage comporterait des connotations fortement antisémites, qu'on en juge :

il se trouve qu'une minorité, les descendants de ceux qui ont crucifié le Christ (...) s'est emparée des richesses du monde (...) et a concentré ces richesses entre quelques mains.

J'avoue qu'à la lecture de cette phrase, mon opinion a quelque peu vacillée. Ce fut même plutôt un coup dur quand on pense que ce qui se passe actuellement au Vénézuela (et peut-être bientôt en Bolivie) est une des rares raisons de rester optimistes actuellement.

Le lendemain, c'est au tour du Monde de titrer sur le même sujet : le centre Wiesenthal accuse M. Chavez d'antisémitisme. Cette fois-ci, la citation est légèrement plus longue :

Il y a dans le monde de quoi satisfaire les besoins de tout le monde, mais (il y a) des minorités, les descendants de ceux qui ont crucifié le Christ, les descendants de ceux-là même qui ont expulsé Bolivar d'ici et qui l'ont crucifié à sa manière à Santa Marta en Colombie. Une minorité s'est appropriée des richesses du monde.

Cette fois, la citation est un peu plus ambiguë, et on se demande un peu (et l'article le fait également) ce que les juifs auraient à voir avec Simon Bolivar. La conclusion du texte est un peu plus nuancée que celui de Libération, mais on imagine ce qu'en ont pensé ceux qui n'ont lu que le titre de l'article.

En fait, la citation exacte est beaucoup plus longue. Comme l'indique un billet du blogue de Jean-Luc Mélenchon, le texte complet du discours est téléchargeable sur Internet sous la forme d'un document PDF. On découvre alors, page 18, le passage incriminé :

El mundo tiene para todos, pues, pero resulta que unas minorías, los descendientes de los mismos que crucificaron a Cristo, los descendientes de los mismos que echaron a Bolívar de aquí y también lo crucificaron a su manera en Santa Marta, allá en Colombia. Una minoría se adueñó de las riquezas del mundo, una minoría se adueñó del oro del planeta, de la plata, de los minerales, de las aguas, de las tierras buenas, del petróleo, de las riquezas, pues, y han concentrado las riquezas en pocas manos: menos del diez por ciento de la población del mundo es dueña de más de la mitad de la riqueza de todo el mundo y a la... más de la mitad de los pobladores del planeta son pobres y cada día hay más pobres en el mundo entero.

Traduction proposée par un article très complet sur le sujet du Réseau Voltaire :

Le monde appartient à tous, toutefois des minorités, les descendants de ceux-là mêmes qui crucifièrent le Christ, les descendants de ceux-là mêmes qui expulsèrent Bolivar d’ici et le crucifièrent d’une certaine manière à Santa-Marta, en Colombie ; une minorité s’est approprié les richesses du monde ; une minorité s’est approprié l’or de la planète, l’argent, les minéraux, l’eau, les bonnes terres, le pétrole, les richesses donc, et les a concentrées entre quelques mains : moins de 10 % de la population mondiale est propriétaire de plus de la moitié des richesses du monde.

Conclusion : tout était dans les (...). Que dire sinon que le texte de Chavez a été délibérément déformé pour lui donner des connotations antisémites ? Face à de tels agissements, le mot "journalisme" est bien vite remplacé par d'autres qualificatifs : "désinformation", "manipulation", ou "propagande".

Cette histoire aura au moins eu un mérite : si Chavez dérange à ce point, c'est qu'il y a sans doute de bonnes raisons de s'intéresser à ce qui se passe au Vénézuela et qui pourrait bien, qui sait, se propager un peu, du moins en Amérique latine.

Mise à jour : comme d'habitude, Acrimed vient de publier un excellent article qui fait un point complet sur cette affaire.

samedi 7 janvier 2006

erc2html

Je viens de pondre un tout petit script en Ruby qui me permet de transformer un log de discussion IRC enregistré sous ERC (Emacs Relay Chat) en fichier HTML pour publication. Le script supprime les sauts de ligne superflus, supprime les messages serveur et colorise deux trois bricoles. C'est loin d'être parfait, mais si ça peut être utile à quelqu'un...

require "cgi"

str = IO.read("/home/julien/lautre_20060107.log.txt")

titre = "Titre de la page"
charset = "UTF-8"

head = <<EOL
<html>
<head>
<title>#{titre}</title>
<meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=#{charset}" />
<style type="text/css">
 * {font-family: monospace;}
 .nick {font-weight: bold; color: #A00;}
 .ref {font-style: italic; color: #090;}
 .timestamp {color: #AAA;}
 .me {color: #00B;}
</style>
</head>
<body>
<h1>#{titre}</h1>
<p>
EOL

foot = <<EOL
</p>
</body>
</html>
EOL

str.gsub!(/^ERC>.*$/n, "")
str.gsub!(/
\s+/n, " ")
str.gsub!(/[\d\d:\d\d]/) { |s| "
"+s+"
"}
str.gsub!(/\s+$/n, "")
str.gsub!(/^\*\*\* .*$/n, "")
5.times {str.gsub!(/
\s*
/n, "
")}

str = CGI::escapeHTML(str)
str.gsub!(/^&lt;.*?&gt;/n) {|s| '<span class="nick">'+s+'</span>'}
str.gsub!(/(<\/span>) (\w+\s?:)/n) {|s| $1+' <span class="ref">'+$2+'</span>'}
str.gsub!(/[\d\d:\d\d]/) { |s| '<span class="timestamp">'+s+'</span>'}
str.gsub!(/^\* .*$/n) {|s| '<span class="me">'+s+'</span>'}
str.gsub!(/
/, "<br />
")

str = head + str
str = str + foot

puts str

mardi 13 décembre 2005

MPD (Music Player Daemon)

Il existe de nombreux logiciels de lecture audio sous Linux, dont certains sont très avancés et zolis comme Amarok, par exemple. Mais il y en a un qui se distingue du lot, il s'agit de MPD, alias Music player daemon.

MPD n'est pas un lecteur audio à proprement parler. Il s'agit d'un démon qui fonctionne en tant que service sur votre machine. Vous lui indiquez le répertoire où vous stockez vos mp3 et autres ogg et il indexe tout ça ainsi que les tags inclus dans les fichiers. Ensuite, vous utilisez un client (il en existe plusieurs) qui va aller se connecter au serveur, récupérer la liste des morceaux disponibles, vous permettre de créer des listes de lecture, puis lancer la lecture des morceaux par MPD.

Ça peut sembler un peu tordu comme fonctionnement, mais en fait c'est particulièrement malin et ça a de nombreux avantages :

  • ça laisse le choix du client : les clients disponibles sont extrêmement variés. Ça va du client en ligne de commande à l'interface Web en passant par le client graphique en GTK. On a donc le choix, et ce qui est bien c'est qu'on peut en utiliser plusieurs différents si on le souhaite : les listes de morceaux et autres sont stockées par le serveur. On peut ainsi lancer la lecture d'un morceau en ligne de commande et l'arrêter avec le client pour KDE. Personnellement, ma préférence va pour ncmpc, un client texte en ncurses simple et pratique.
  • c'est léger : d'une part vous n'êtes pas obligé de lancer un serveur X pour écouter de la musique si vous utilisez un client texte. D'autre part, une fois la liste de lecture choisie et la lecture lancée, vous pouvez très bien fermer votre client, ça n'arrêtera pas la musique.
  • c'est robuste : si votre client plante, ou même si votre serveur X plante, pas de problème, votre démon continue à tourner et à jouer les morceaux indiqués. Un truc marrant, c'est que si vous arrêtez le système avec MPD en train de jouer quelque chose, celui-ci reprend automatiquement et exactement au même endroit lorsque vous rallumez votre machine !
  • ça fonctionne à distance : vous pouvez très bien utiliser un client texte ou graphique pour vous connecter à distance à un MPD tournant sur une autre machine.

Enfin, une bonne nouvelle n'arrivant jamais seule, il existe un client qui marche très bien et qui permet d'interfacer MPD à audioscrobbler (désormais last.fm) et qui envoie donc les informations sur les morceaux joués à leur serveur automatiquement. Ce client s'appelle mpdscribble, et il y a un paquet Debian qui va bien, comme d'hab.

lundi 14 novembre 2005

Oneliner en Ruby

Après avoir essayé (de manière plus ou moins approfondie) plusieurs langages de script comme Perl ou Python, et après avoir longuement hésité, je crois que mon choix va finalement se porter sur Ruby. Celui-ci me semble en effet combiner à la fois la puissance et la concision de Perl avec la clarté d'un langage purement objet.

Voici donc un exemple de oneliner en Ruby, en l'occurrence qui permet de renommer en minuscules tous les fichiers d'un répertoire :

 ruby -e 'ARGV.each {|file| File.rename(file, file.downcase)}' *

Plutôt simple, non ? En plus, il y a moyen de rendre cela beaucoup plus souple et puissant en utilisant des regexps, du type :

 ruby -e 'ARGV.each {|file| File.rename(file, file.gsub(/toto/, "titi")}' *

jeudi 10 novembre 2005

Google se tape Villepin (mais sans faire exprès)

Les ratés de l'indexation et de l'association sémantique sont un grand classique du web. On ne compte plus les exemples d'affichages malheureux de publicités "ciblées" tombant tout à fait hors de propos et apparaissant incongrues, voire scandaleuses. On sait aussi que Sarkozy et l'UMP utilisent Google ces jours-ci pour faire leur pub lors de recherches effectuées avec des mots-clés relatifs aux émeutes urbaines.

Et bien si vous mélangez un peu tout ça, vous pouvez obtenir des trucs plutôt rigolos, comme le montre la capture d'écran suivante, qui est certifiée véridique puisque c'est moi qui l'ai faite (et qu'accessoirement vous en trouverez d'autres copies ailleurs). C'est la page d'accueil de Google News France telle qu'elle apparaissait ce matin à 11h45 :

Capture Google

Voilà donc une illustration assez imagée et particulièrement pertinente de la politique du gouvernement en général et concernant les événements récents en particulier. Surtout si vous y ajoutez l'extrait de l'article de Libération qui y est associé et qui explique à propos de Villepin que "sous les marques de fatigue, le regard brille d'excitation".

P.S. : on pourra d'ailleurs remarquer que l'image en question montre une grande flexibilité, si je puis dire, dans le sens où elle semble pouvoir s'adapter à un grand nombre de thèmes d'actualité. De mon point de vue, on aurait sans doute pu la mettre en illustration de la brève précédent celle sur Villepin.

jeudi 3 novembre 2005

Petit ours brun est un con

Oui, je parle bien du petit ours brun qu'on peut retrouver dans Popi et autre Pomme d'api, magazines pour chérubins de Bayard presse, éditeur catho (Pèlerin, La Croix, etc.).

Petit ours brun est un enfant bien. On sait pas trop quel âge il a, mais il a des aventures passionnantes (manger, aller se coucher, prendre le train) et porte des charentaises. La maman de petit ours brun est une femme bien. Elle incarne la féminité, d'ailleurs elle porte toujours des robes (de préférence à volants ou à carreaux), c'est elle qui fait la cuisine, et quand elle prend le train elle lit Art magazine. Le papa de petit ours brun est un gars bien. Il incarne l'autorité, d'ailleurs il a de gros sourcils. Des fois il tire les oreilles de petit ours brun, mais c'est quand celui-ci dit "non" trop de fois consécutivement.

Les dessins de petit ours brun sont aussi expressifs qu'un visage de Playmobil éclairé aux néons. Les histoires de petit ours brun sont aussi passionnantes qu'une aventure de Teletubbies sous morphine. D'ailleurs, toutes les phrases commencent pareil : "petit ours brun dit que", "maman répond", "papa va aux cabinets" (bon, celle-là, elle est assez rare). Mais c'est normal, car les enfants sont un peu bêtes. Il faut éviter de leur lire des phrases trop compliquées et trop variées, sinon après on a une jeunesse sans repères qui va se jeter dans les transformateurs électriques sans raison, comme ça, juste pour s'amuser.

Non, là, je divague. Ça m'étonnerait que les victimes de Clichy-sous-Bois aient beaucoup lu "Petit ours brun" quand ils étaient petits.

mardi 1 novembre 2005

Le panier à doudous trouvés

Le parc de la tête d'or, à Lyon, est l'un des parcs les plus beaux et les mieux foutus que je connaisse. Du coup, forcément, dès qu'il fait beau les allées se transforment en autoroutes, et dans le lot, de nombreux enfants en poussettes, sur leur tricycle ou en train de courir partout. Parmi ceux-ci, fatalement, un certain nombre en viennent à égarer leur doudou entre deux visites au zoo (sordide, vivement la réhabilitation).

C'est ce qui est arrivé à Emma il y a déjà plus d'un mois. La perte de sa girafe québécoise préférée avait été un peu dure à avaler, mais ça ne s'était pas trop mal passé. Malgré les recherches répétées dans le parc, à la police municipale ou chez les commerçants ambulants du coin, pas moyen de retrouver trace du doudou égaré.

Ça faisait donc un moment qu'on n'y pensait plus lorsqu'aujourd'hui, de nouveau en balade au parc, nous avons décidé de nous payer une crêpe au camion qui se trouve à côté des manèges pour enfants. Et là, voilà ce sur quoi nous sommes tombés (désolé pour la qualité de la photo) :

Le panier à doudous trouvés

...et dans le panier à doudous trouvés, on apercevait la tête de notre girafe favorite, coincée entre deux nounours et trois lapins. Bon, elle sentait un peu la pâte à crêpe et la friture, mais je peux vous dire que les retrouvailles ont été plutôt joyeuses et émouvantes.

Donc voilà, tout ça pour dire que si par hasard vous avez perdu un doudou ou une peluche dans le parc de la tête d'or, n'hésitez pas à faire un tour au camion qui vend des crêpes et des gaufres, dans le coin où se trouvent les deux manèges pour enfants. On ne sait jamais, y'a parfois des bonnes surprises !

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