Humus numericus

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R, Spip et autres

lundi 28 août 2006

Des chiffres à vous faire devenir végétarien

Un chiffre cité en introduction d'un article du Monde diplomatique de ce mois a failli me faire tomber de mon siège de métro cet après-midi : il indiquait que le nombre d'animaux abattus chaque année aux Etats-Unis pour l'alimentation s'élève à... huit milliards !

Du coup, je suis allé faire un tour sur le site du ministère de l'agriculture pour voir ce que ça donne en France. En 2005, on a les résultats suivants :

  • Gros bovins : 3 521 000
  • Veaux : 1 747 000
  • Porcins : 25 116 000
  • Ovins: 5 306 000
  • Caprins : 895 000
  • Equidés : 21 700
  • Volailles : environ 916 millions (2004)

Je n'ai pas pu retrouver le chiffre concernant les lapins, mais celui-ci s'élevant à environ 43 millions en 1992, on aboutit à un bon milliard d'animaux par an. Ce qui est cohérent avec les chiffres antérieurs de 1992. Pour info, le nombre d'oeufs de poule de consommation produit en 2005 est de 11,5 milliards (soit pas loin de 200 par habitant).

Toujours pour info, le nombre d'animaux abattus en Belgique en 2005 est de 280 millions.

Et tout ça nous donne le chiffre total de 50 milliards pour le monde entier en 2003.

C'est là qu'on se rend compte que parler en nombre d'animaux n'est pas la même chose que de parler en tonnes de viandes. Dans le premier cas, il s'agit d'êtres vivants, dans le deuxième cas de marchandise. Et si on rapporte ces chiffres à des durées plus courtes, on imagine les cadences dans les abattoirs industriels : 16 000 animaux abattus par minute aux Etats-Unis, 31 animaux tués par seconde rien qu'en France.

La consommation de viande est évidemment très inégalement répartie dans le monde. En moyenne mondiale 36,4 kilos par personne en 1997-1999, cette valeur passe de 5,3 kilos en asie du sud à 88 kilos dans les pays industrialisés. Et cette quantité devrait continuer à augmenter, passant en moyenne à 45,3 kilos dans le monde, et à plus de 100 kilos par habitant pour les pays les plus riches (chiffres tirés d'un rapport de l'OMS, page 21).

Je tiens à signaler que je ne suis pas végétarien. Il s'agit sans doute d'une de mes incohérences internes et des compromissions que nous faisons tous au quotidien avec nos idées et nos valeurs, mais en tous cas je n'ai pas encore passé le cap. Sans aller jusque là, il est déjà très facile et économique de diminuer sa consommation de viande et de poisson. Une fois par jour suffit largement, et peut même être au-dessus des recommandations de l'OMS (désolé, je n'ai pas trouvé de document très clair sur ce sujet malgré plusieurs recherches).

mardi 21 mars 2006

Quelques réflexions sur le concept d’égalité

Ce texte se veut une participation à l’appel à contribution lancé par le collectif Les mots sont importants sur le thème Qu’est-ce que l’égalité ; il vient d'ailleurs d'être publié sur leur site. Il s’appuie sur des convictions personnelles plus que sur de nombreux auteurs ou références. Il se place dans une perspective qui n’est ni pragmatique ni réaliste mais délibérément utopique. Enfin, il repose sur deux idées principales : l’égalité est une valeur fondamentale et un principe directeur de l’action humaine ; elle n’a de sens réel que si elle se concrétise par une égalité de fait.

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vendredi 27 août 2004

Utopie

On a souvent tendance à se dire ces temps-ci que le discours de "la seule politique possible" commence à nous étouffer sérieusement et qu'un peu d'utopie ne ferait pas de mal. Bon, ben y'a qu'à s'y mettre, après tout...

Partons d'un constat simple. Imaginons que le PDG de Renault (pour en prendre un au hasard) travaille trois jours par semaine en tant que PDG de sa boîte, mais passe les deux jours suivants comme ouvrier à la chaîne "de base" dans une de ses usines (avec la rémunération qui va de pair pour ces deux journées). Ceci n'est qu'un exemple, on pourrait aussi mettre le directeur de France Telecom opérateur dans un central d'appels ou celui de Bouygues manoeuvre sur un chantier, les idées réjouissantes ne manquent pas. Ne pensez-vous pas que ces fringants PDG sans doute membres du Medef auraient rapidement envie :

  • de repenser les conditions de travail dans leur entreprise
  • de réévaluer quelque peu le salaire de leurs employés ?

On pourrait de manière plus générale imaginer un brassage professionnel qui toucherait l'ensemble de la population. Chacun passerait la moitié de la semaine dans un travail "qualifié" (ce qui n'est surtout pas synonyme "d'intellectuel") et l'autre moitié dans un travail plus difficile en termes de répétitivité, de dangerosité ou d'exigences physiques. On peut imaginer de très nombreuses vertus à un système de la sorte, en particulier en termes de solidarité et de cohésion sociales (il y aurait sans doute plus de monde dans les manifs), de disparités salariales (ça entraînerait un nivellement par le milieu) ou d'espérances de vie, d'amélioration des conditions de travail, de lutte contre l'aspect symbolique et culturel de la domination sociale, etc.

Bien sûr, la mise en oeuvre pratique de ce genre de mesures poserait de nombreuses questions. La première est sans doute la possibilité de convaincre les gens de participer (et pas seulement les PDG). La deuxième concerne la définition des activités "qualifiées" contre les "non qualifiées", la mise en place de cette frontière (artificielle) engendrerait certainement de nombreuses luttes.

Mais bon, j'ai parlé d'utopie, pas de programme électoral du PS !