Voilà-t-y pas que ce week-end, nous avons eu la curieuse idée de vouloir profiter du réchauffement climatique et des dernières décennies qui nous restent avant d'être transformés en poulet rôti pour aller faire un tour à la campagne prendre un bol d'air pur au milieu des oiseaux qui chantent, c'est vous dire si on en a plus pour longtemps.

Le temps était quasi-printanier, la balade agréable, à peine avons-nous remarqué un chemin quelque peu boueux et pas toujours très pratiquable, surtout avec une petite fille de trois ans. Mais bon, après tout, c'est la nature, c'est normal qu'il y ait un peu de terre et d'eau, profitons en tant qu'il y en a encore.

Petite pause pique-nique, on profite de la tranquillité du lieu quand un léger ronflement se fait entendre. On aurait d'abord pu croire que l'un d'entre nous s'était laissé aller à une petite sieste, mais le niveau sonore devint bientôt beaucoup trop élevé pour provenir de cordes vocales même particulièrement efficaces. Tournant la tête vers l'origine de ce vacarme, nous vîmes alors émerger de la forêt un engin ridicule avec quatre grosses roues, un moteur super bruyant, une carosserie recouverte de boue et, juché par dessus, un espèce de guignol avec un casque qui parvenait mal à dissimuler sa fierté de dompter ainsi un engin synonyme de puissance, de testostérone et d'hypertrophie de l'appareil reproducteur.

Non seulement ce con nous a fait chier à cause du bruit infernal qui s'entend à 500 mètres à la ronde, non seulement ce crétin nous met potentiellement en danger de nous faire rouler dessus au détour d'un sous-bois, non seulement cet abruti nous empeste avec ses vapeurs d'essence en pleine nature, mais en plus ce clown a passé son après-midi à bousiller les chemins de terre en semant ornières et flaques de boue partout sur son passage. J'imagine le bonheur de ces dégénérés du bulbe qui passent leur semaine dans leur bagnole puis, dès qu'ils sont en week-end, courent profiter de la nature en pilotant une saloperie de moto-cross avec les petites roues qui vient déverser son quota de CO2 en plein bois tout en dégradant les chemins pour l'ensemble des promeneurs et des gens qui y travaillent. Et je suis sûr que ces crétins sont en plus très fiers d'eux quand ils croisent une famille avec de la boue jusqu'aux cuisses et qui les regarde passer avec des regards noirs.

Le seul truc qui m'a fait plaisir c'est d'imaginer que ces mecs-là, après avoir fait chier tout le monde le samedi, doivent passer leur dimanche à nettoyer leur bécane et leur combinaison cuir de toute la gadoue accumulée par leur grosses roues crantées bousilleuses de sentier.

Mise à jour du 11 février 2008 : suite au commentaire affligeant d'un soit-disant porte-parole de la fédération française de Quad, qui m'accuse de vouloir mettre en danger la vie d'autrui avec ma proposition de mettre des branches en travers des chemins (alors que j'avais bien précisé hors de question de provoquer des accidents ou d'embêter les vététistes), et comme j'ai autre chose à foutre que de perdre mon temps avec ces conneries, je propose plutôt que chaque personne croisant un quad dans un chemin de forêt non prévu pour cet usage lui fasse une grimace bien bien moche et, de plus, s'il s'agit d'un quadiste membre de la FFQ, qu'il chante à pleins poumons Tirelipimpon sur le chihuahua pour bien montrer à quel point ces sportifs de haut niveau domptant avec autant de classe toute cette fantastique puissance mécanique les impressionne.

Et encore, je suis foutu de me faire attaquer en justice pour incitation à la matraitance sur animaux par la fédération française des amis des chihuahuas.

Bon, laissez tomber...