Humus numericus

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R, Spip et autres

Les hommes de ménage noirs sont sous le choc

Les faits présumés sont désormais connus. Samedi dernier, en milieu de journée, Raymond F., homme de ménage de 32 ans d'origine africaine travaillant dans un grand hôtel parisien, entre dans la chambre numéro 506 pour procéder à son nettoyage. C'est à ce moment-là qu'une riche sexagénaire américaine, pensant être seule dans sa suite, sort nue de la salle de bains. D'après elle, Raymond F. aurait alors fermé la porte, l'aurait forcée à pratiquer une fellation et aurait tenté de la violer avant qu'elle ne parvienne à s'enfuir, sous le choc.

La présomption d'innocence incite évidemment à la prudence, à la décence et à la plus grande retenue. La justice doit faire son travail afin de rétablir la vérité des faits et de leur déroulement. Les premières réactions face à ce drame ne se sont cependant pas faites attendre.

L'une des collègues de travail de Raymond F. a tout d'abord affirmé : «ma pensée en cet instant va à sa famille, à ses proches et aussi à l'homme qui traverse cette épreuve» 1. Un autre affirme «je pense d'abord à sa famille, et au FC Poissy-les-Ouilles», 2 club de football dont Raymond F. est actuellement président.

Nombreux sont ceux qui expriment des doutes sur la version des faits de la victime. Un proche explique ainsi que «l'intelligence reconnue par tous [de Raymond F.] ne paraît pas compatible avec le fait de séquestrer une sexagénaire pour la violer» 3, et d'autres insistent sur le fait que Raymond F., beau garçon et grand séducteur, aurait sans problème pu trouver meilleur parti et ne se serait jamais jeté sur une sexagénaire.

Certains insinuent que la victime aurait pu agir pour obtenir des compensations financières. Il serait d'ailleurs «aisé de piéger une personnalité aussi peu résistante aux attraits de la gent féminine que Raymond F.» 4. D'autres vont plus loin en rappelant «qu'on avait promis [à Raymond F.] le feu nucléaire dès qu'il ferait ses premiers pas de candidat» à la présidence du FC Poissy-les-Ouilles 5.

Deux ministres ont souhaité communiquer sur cette affaire en affirmant qu'«en plus de la victime présumée, la sexagénaire, il y a une victime avérée, c'est la France» 6 ou que, de même, «il y a une victime évidente, c'est l'image de la France» 7.

Les images de Raymond F. sortant menotté du commissariat ont également suscité de nombreuses réactions, comme par exemple cette autre collègue de travail, qui a «trouvé cette image d'une brutalité, d'une violence, d'une cruauté inouies» 8.

Enfin, la presse nationale s'est attelée à son devoir de toujours, informer et découvrir la vérité des faits. Non sans un certain humour, comme ce journal titrant «Raymond F. dans de sales draps» ou affichant en une : «La débandade» 9. D'autres journaux n'ont reculé devant aucune enquête de terrain, permettant de recueillir d'importants témoignages comme cette description de la victime présumée : «Le voiturier m'a dit que cette sexagénaire était très jolie, qu'elle avait de gros seins et de belles fesses» 10.