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mardi 23 janvier 2007

Petite règle médiatique de base

Cette règle pourrait s'énoncer de la manière suivante :

Tout sujet ou personne fortement médiatisé sans être dénigré ne remet pas en cause le système actuel et la structure des rapports de domination

Ça peut paraître évident, mais je trouve que c'est un petit principe intéressant à garder en tête, notamment lorsqu'on écoute la radio ou qu'on regarde la télé. Prenons quelques exemples récents pour illustrer.

Les enfants de Don Quichotte

On peut quand même s'étonner qu'une association à l'histoire relativement courte parvienne avec l'aide de quelques tentes Decathlon à faire la une des médias pendant plusieurs jours. De même, lorsque l'association en question rédige une charte et que celle-ci est signée par différents candidats, de "gauche" comme de droite, on se dit que le document en question ne doit pas être trop dérangeant. Et lorsque l'assoce plie bagage dès les premières déclarations ministérielles, on comprend mieux. Il est à parier d'ailleurs que nous n'en entendrons plus parler.

A l'inverse, des associations comme Droit au logement, qui existent et agissent depuis des années, avec une vision politique globale de la question du logement, n'est quasiment jamais médiatisée lorsqu'elle effectue des actions sur le terrain, sauf lorsqu'il s'agit d'occupations d'immeubles visibles. Pourtant leurs activités ne se limitent pas à ça, comme j'ai eu l'occasion de le constater lors d'un mouvement pour le relogement d'explusés à Saint-Ouen, par exemple.

Nicolas Hulot

La similitude avec l'exemple précédent est frappante. Montée en puissance médiatique très rapide, maintien en une pendant une période relativement longue, une charte signée par quasiment tous les candidats, et une non-candidature qui fait que les effets de tout ça ne seront au final que purement médiatiques. Là aussi, on a une écologie "ramolo-libérale", sans remise en question fondamentale de nos modes de vie. Pour une critique parfaitement argumentée, je me contenterai de renvoyer à l'excellent article de Sophie Divry.

L'abbé Pierre

Ben oui. Pas facile de s'attaquer à une icône, et je ne nie pas qu'il a accompli un tas de choses très intéressantes. Mais coco des bois le dit bien :

Il n'a pas été nuisible, il a joué son rôle, et a contribué à endormir les gens, tant que des gens comme ça existent, comme tu dis, pas de révolte, et on peut continuer à se goinfrer, consommer et produire, PS et UMP lui rendront hommage pour leur avoir permis de continuer à flinguer la planète en paix.

Etc., etc.

A l'inverse, tout ce qui va réellement à l'encontre des intérêts dominants et médiatiques (qui sont le plus souvent les mêmes) est soit totalement occulté, soit largement critiqué et diffamé. On pourra citer :

  • La critique des médias (Acrimed, Le Plan B...) ;
  • L'action de Chavez au Venezuela ;
  • La révolte des banlieues de novembre 2005 ;
  • La campagne du non au Traité constitutionnel européen ;
  • etc.

Mais ce qui est intéressant avec cette règle, c'est qu'elle peut aussi aider à réaliser que certains sujets qui peuvent nous sembler importants à première vue ne doivent pas être si méchants que ça puisqu'ils sont largement médiatisés. Petite liste indicative :

  • les campagnes électorales, notamment les présidentielles, et tout particulièrement les candidats les plus exposés ;
  • le tri sélectif ;
  • le fait de s'inscrire sur les listes électorales et d'aller voter ;
  • etc., etc., etc.

Je vous laisse compléter vous-mêmes ces différentes listes selon le va-et-vient des sujets médiatisés.

Note : on peut aussi relever le caractère d'alibi que revêtent ces médiatisations politiquement anodines. Quand on a parlé des enfants de Don Quichotte, on a parlé des SDF. Quand on a parlé de Hulot ou du tri sélectif, on a parlé de la protection de l'environnement. Quand on a parlé de l'abbé Pierre, on a parlé des pauvres. Mais dans tous les cas, on s'est bien gardé de remettre en cause les fondements du système, les causes des inégalités, et on a aussi évité d'aller interroger directement les personnes concernées en privilégiant des porte-paroles médiatiques et médiateurs d'une réalité qu'on continue à cacher malgré les apparences. En définitive, on aura plus vu et retenu les tentes Decathlon que ceux qui ont dormi à l'intérieur.

mercredi 21 juillet 2004

Lisez CQFD !

CQFD, alias Ce qu'il faut détruire, est un journal produit à Marseille par un groupe de chômeurs et de RMIstes. Diffusé auparavant sous le nom de RIRe dans un cadre assez restreint, il a décidé de tenter l'aventure de la diffusion en kiosque malgré ses ressources très limitées.

Niveau contenu, on peut dire que c'est une sorte de Charlie Hebdo qui n'aurait pas eu Philippe Val comme directeur et où les articles seraient écrits par Charb et Cyran (ce dernier faisant désormais partie de l'équipe de CQFD). Bref, ça évite de s'endormir sur son petit confort quotidien.

Le journal rencontre actuellement des difficultés financières du fait du coût de la diffusion en kiosque mais aussi d'un procès que lui intente le directeur de la Croix-Rouge suite à un article.

Pour plus d'infos, lire une sélection d'articles et, pourquoi pas, s'abonner, l'idéal est de visiter leur site :

http://www.cequilfautdetruire.org/