Humus numericus

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R, Spip et autres

mercredi 23 mars 2005

Les blogs de lycéens...

... ou encore un exemple de montage en épingle d'un non-événement par les médias. Les articles actuels sur Libération et consorts, c'est un peu comme si vous aviez en une un article sur deux élèves qui se sont fait pincer par une prof en train de s'échanger un papier avec marqué "la prof de français c'est vraiment une salope, et en plus je l'aime pas".

Franchement, qui n'a pas passé une bonne partie de sa vie de collégien à se foutre de la gueule de ses profs et d'une partie de ses camarades (les plus faibles ou dominés en général, y'a pas d'raison) ? "Oui mais nous c'était pas public, ça pouvait pas être vu à Trouilly-sur-Gabelle et à Kyoto !"

Ben voyons... il y a plus d'un million de skyblogs, mais on va dire que s'exprimer là-dessus est public ? Si l'url n'est pas diffusée, certainement pas. Donc ça ne change rien par rapport aux circuits "traditionnels".

Oui mais bon, Internet, c'est vendeur. Et les méchants jeunes qu'ont plus de repères et gnagnagna aussi.

Alors, bon, hein.

jeudi 22 juillet 2004

L'agression imaginaire (suite)

Toujours au sujet de la vraie-fausse agression antisémite du RER D et de l'emballement politico-médiatique qui s'en est suivie, PLPL vient de sortir un dossier spécial extrêmement détaillé qui décrit les réactions et retournements des vestes des principaux médias.

Le dossier est disponible sous forme de deux documents pdf :

Contrairement à ce que j'écrivais dans mon billet précédent sur ce sujet, ce dossier rappelle à bon escient que l'étonnement devant l'emballement politique ne doit pas spécialement prendre le dessus sur le scandale (récurrent) de l'emballement médiatique, d'autant plus que le deuxième prend prétexte du premier pour se justifier. En gros, les journalistes n'ont pas fait leur boulot, ont publié des informations non vérifiées, ne se sont pas excusés et ont pris comme excuse majoritaire le fait que les politiques avaient validé l'agression, démonstration du fait que les médias sont de plus en plus de simples caisses de résonnance des discours dominants.

J'y ai également appris que Béatrice Schönberg n'est autre que Mme Jean-Louis Borloo, et qu'agression ne s'écrit qu'avec un 'g' :-)

Et maintenant, vacances jusqu'à mi-août !

mercredi 21 juillet 2004

Lisez CQFD !

CQFD, alias Ce qu'il faut détruire, est un journal produit à Marseille par un groupe de chômeurs et de RMIstes. Diffusé auparavant sous le nom de RIRe dans un cadre assez restreint, il a décidé de tenter l'aventure de la diffusion en kiosque malgré ses ressources très limitées.

Niveau contenu, on peut dire que c'est une sorte de Charlie Hebdo qui n'aurait pas eu Philippe Val comme directeur et où les articles seraient écrits par Charb et Cyran (ce dernier faisant désormais partie de l'équipe de CQFD). Bref, ça évite de s'endormir sur son petit confort quotidien.

Le journal rencontre actuellement des difficultés financières du fait du coût de la diffusion en kiosque mais aussi d'un procès que lui intente le directeur de la Croix-Rouge suite à un article.

Pour plus d'infos, lire une sélection d'articles et, pourquoi pas, s'abonner, l'idéal est de visiter leur site :

http://www.cequilfautdetruire.org/

jeudi 15 juillet 2004

L'agression imaginaire

Et oui, encore une fois, la baudruche s'est dégonflée d'autant plus fortement que la plupart des grands médias ont soufflé dedans avec une vigueur désormais habituelle. L'aggression antisémite du RER parisien n'en était pas une, mais une invention pure et simple d'une jeune femme sans doute davantage à plaindre qu'à blâmer.

Cet incident semble intéressant à plusieurs titres. D'abord par l'engouement et l'écho médiatique qui ont été accordés à des faits même pas vérifiés. De la part des grands médias, ça n'est pas nouveau, plusieurs cas ont déjà existé par le passé : on se souviendra peut-être de la femme flic qui affirmait avoir été torturée dans une rame de métro ou du chauffeur de bus marseillais arrosé d'essence. Si les médias retenaient les leçons du passé, ça se saurait. Ce qui est plus étrange, c'est que les politiques, et en particulier Chirac, se soient également engouffrés dans la brèche. Faut croire que ce type d'incident est particulièrement porteur ces temps-ci.

Autre élément frappant : dans ce cas précis comme pour les autres exemples évoqués ci-dessus, les victimes imaginaires prennent toujours la figure du "jeune de banlieue" pour se construire un ou des aggresseurs. Michaël Moore relève le même phénomène dans Bowling for Columbine en montrant plusieurs cas où des meurtriers ont tenté de s'en sortir en accusant un noir qui passait par là.

Si on va un peu plus loin, au-delà du traitement par les médias des faits divers imaginaires, celui des aggressions réelles n'est pas triste non plus. Il y a eu récemment un excellent dossier dans PLPL n°19 qui va enquêter un peu plus profondément sur les circonstances d'un fait divers extrêmement médiatisé lors des fêtes de Noël 2003 (une famille avait déclenché une bagarre dans un service d'urgence). L'article n'est pas en ligne, mais sa lecture est passionnante. Il montre en quoi un fait divers peut-être le croisement entre une situation sociale très difficile (économiquement et symboliquement) et une insuffisance de moyens accordés à des services de base (en l'occurrence l'hôpital public).

Une raison de plus pour s'abonner à cet excellent journal !

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