Humus numericus

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R, Spip et autres

jeudi 6 janvier 2005

Finalement, si...

Contrairement à ce que j'ai pu dire hier, finalement j'aime bien les minutes de silence (oui, je sais, je change un peu d'avis rapidement). J'aime tellement que j'ai décidé d'en instaurer pas plus tard que tout de suite, là, aujourd'hui. Une minute en la mémoire de tout un tas de gens, des irakiens bombardés, des palestiniens buldozerisés, des travailleurs précarisés, et de tous les exploités, affamés, humiliés.

Et je suis prêt à parier que cette minute de silence sera l'une des plus suivies de l'histoire de France. Si vous souhaitez participer, elle aura lieu pas plus tard que cette nuit entre 3h12 et 3h13 du matin. Par contre je remercierai le clergé de ne pas faire sonner les cloches des églises, merci d'avance...

mercredi 5 janvier 2005

Trois minutes de finances...

Dans le cadre d'un déménagement de plus en plus proche, je contacte aujourd'hui mon agence EDF :



- (Après plusieurs minutes d'attente) EDF-GDF Diffusion ?
- Bonjour Madame, ce serait pour un renseignement concernant...
- Désolé mais j'observe les trois minutes de silence pour l'Asie, merci de rappeler s'il vous plaît.
- Ah ? Euh... Je... Bon, oui, excusez-moi...

Je regarde ma montre : 12h00 pile. Et merde.

Ce soir à la radio, et c'est comme ça depuis plusieurs jours, on n'entend parler que de ça ou presque : les trois minutes de silence européennes (Danemark excepté) seraient une formidable preuve de générosité, et surtout les 2,2 milliard d'euros de promesses de dons des pays riches seraient une mobilisation incroyable et jamais vue. On a donc l'impression d'assister à un double Téléthon : plus le compteur des victimes augmente, plus celui des promesses fait de même.

La catastrophe qui vient de se produire aura donc vu apparaître son lot de nouveauté. Les minutes de silence, non, on avait déjà vu ça pour le 11 septembre 2001. Mais le don d'un euro par SMS, par contre, ça c'est du technologique de pointe. Même plus besoin de se lever de son fauteuil pour se sentir solidaire concrètement tout en regardant les images à la télévision.

Je n'insisterai pas sur l'histoire des minutes de silence, qui n'apportent quelque chose qu'à ceux qui les respectent, mais qui après tout ne font de mal à personne. Bien sûr, on objectera que le silence fait face aux vistimes d'un tremblement de terre en Iran, d'une guerre en Irak ou d'une fusillade en Palestine ne dure que quelques millisecondes, et encore pas tous ensemble. Mais tout cela n'est pas nouveau non plus.

Par contre, le couplet sur le "formidable élan de générosité" des pays riches me laisse perplexe. D'une part ce ne sont que des promesses, et on peut rappeler que pour le tremblement de terre en Iran, par exemple, seules 10% des sommes promises ont été versées une fois les caméras de télé reparties vers un autre cataclysme. D'autre part, 2,2 millions d'euros (ou 3 milliards de dollars), c'est pas non plus Byzance. Pour comparaison, les Etats-Unis ont promis de consacrer 18 milliards de dollars pour la reconstruction de l'Irak (qu'ils ont eux-mêmes détruit). Ou encore, l'état français a promis de consacrer 2,5 milliards d'euros à l'organisation des JO de 2012 au cas où Paris serait choisie pour les accueillir. Ça fait relativiser.

Je n'ai rien contre le fait d'envoyer un SMS ou de faire des minutes de silence. Mais si en plus on participe à des mouvements s'attaquant aux problèmes de fond comme le respect des droits sociaux fondamentaux dans les pays du Sud, ça me semble assez complémentaire. Si ça vous intéresse et que vous ne connaissez pas déjà, jetez un oeil par exemple au Réseau Solidarité...

jeudi 22 juillet 2004

L'agression imaginaire (suite)

Toujours au sujet de la vraie-fausse agression antisémite du RER D et de l'emballement politico-médiatique qui s'en est suivie, PLPL vient de sortir un dossier spécial extrêmement détaillé qui décrit les réactions et retournements des vestes des principaux médias.

Le dossier est disponible sous forme de deux documents pdf :

Contrairement à ce que j'écrivais dans mon billet précédent sur ce sujet, ce dossier rappelle à bon escient que l'étonnement devant l'emballement politique ne doit pas spécialement prendre le dessus sur le scandale (récurrent) de l'emballement médiatique, d'autant plus que le deuxième prend prétexte du premier pour se justifier. En gros, les journalistes n'ont pas fait leur boulot, ont publié des informations non vérifiées, ne se sont pas excusés et ont pris comme excuse majoritaire le fait que les politiques avaient validé l'agression, démonstration du fait que les médias sont de plus en plus de simples caisses de résonnance des discours dominants.

J'y ai également appris que Béatrice Schönberg n'est autre que Mme Jean-Louis Borloo, et qu'agression ne s'écrit qu'avec un 'g' :-)

Et maintenant, vacances jusqu'à mi-août !

mercredi 21 juillet 2004

Lisez CQFD !

CQFD, alias Ce qu'il faut détruire, est un journal produit à Marseille par un groupe de chômeurs et de RMIstes. Diffusé auparavant sous le nom de RIRe dans un cadre assez restreint, il a décidé de tenter l'aventure de la diffusion en kiosque malgré ses ressources très limitées.

Niveau contenu, on peut dire que c'est une sorte de Charlie Hebdo qui n'aurait pas eu Philippe Val comme directeur et où les articles seraient écrits par Charb et Cyran (ce dernier faisant désormais partie de l'équipe de CQFD). Bref, ça évite de s'endormir sur son petit confort quotidien.

Le journal rencontre actuellement des difficultés financières du fait du coût de la diffusion en kiosque mais aussi d'un procès que lui intente le directeur de la Croix-Rouge suite à un article.

Pour plus d'infos, lire une sélection d'articles et, pourquoi pas, s'abonner, l'idéal est de visiter leur site :

http://www.cequilfautdetruire.org/

jeudi 15 juillet 2004

L'agression imaginaire

Et oui, encore une fois, la baudruche s'est dégonflée d'autant plus fortement que la plupart des grands médias ont soufflé dedans avec une vigueur désormais habituelle. L'aggression antisémite du RER parisien n'en était pas une, mais une invention pure et simple d'une jeune femme sans doute davantage à plaindre qu'à blâmer.

Cet incident semble intéressant à plusieurs titres. D'abord par l'engouement et l'écho médiatique qui ont été accordés à des faits même pas vérifiés. De la part des grands médias, ça n'est pas nouveau, plusieurs cas ont déjà existé par le passé : on se souviendra peut-être de la femme flic qui affirmait avoir été torturée dans une rame de métro ou du chauffeur de bus marseillais arrosé d'essence. Si les médias retenaient les leçons du passé, ça se saurait. Ce qui est plus étrange, c'est que les politiques, et en particulier Chirac, se soient également engouffrés dans la brèche. Faut croire que ce type d'incident est particulièrement porteur ces temps-ci.

Autre élément frappant : dans ce cas précis comme pour les autres exemples évoqués ci-dessus, les victimes imaginaires prennent toujours la figure du "jeune de banlieue" pour se construire un ou des aggresseurs. Michaël Moore relève le même phénomène dans Bowling for Columbine en montrant plusieurs cas où des meurtriers ont tenté de s'en sortir en accusant un noir qui passait par là.

Si on va un peu plus loin, au-delà du traitement par les médias des faits divers imaginaires, celui des aggressions réelles n'est pas triste non plus. Il y a eu récemment un excellent dossier dans PLPL n°19 qui va enquêter un peu plus profondément sur les circonstances d'un fait divers extrêmement médiatisé lors des fêtes de Noël 2003 (une famille avait déclenché une bagarre dans un service d'urgence). L'article n'est pas en ligne, mais sa lecture est passionnante. Il montre en quoi un fait divers peut-être le croisement entre une situation sociale très difficile (économiquement et symboliquement) et une insuffisance de moyens accordés à des services de base (en l'occurrence l'hôpital public).

Une raison de plus pour s'abonner à cet excellent journal !

Premier billet

Ceci est mon premier message sur un weblogue, en l'occurrence le mien.

Plutôt chouette, non ? Pas sûr que ça intéresse plus qu'une personne en ce bas monde, mais peu importe. Bonne lecture à vous si par hasard vous vous égariez sur ces pages.

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