Humus numericus

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R, Spip et autres

jeudi 18 mai 2006

« Pour un monde plus juste, faites vos courses »

« Pour un monde plus juste, faites vos courses ». Cette phrase semble tout droit sortie du demi-cerveau d'un étudiant fraîchement émoulu d'une école de marketing qui aurait trouvé un stage de communicant chez Carrefour. Et bien non. Ou en fait, peut-être que si, sauf qu'il ne s'agit pas d'une pub pour Carrefour, mais d'une réclame pour Max Havelaar, « le label qui garantit le commerce equitable ». Et cette pub se trouve en dernière page du dernier Monde diplo, dont on apprend qu'il a d'ailleurs offert ce magnifique espace publicitaire a notre subversif annonceur. Trop sympa.

En dessous de ce slogan d'anthologie, on trouve en petits caractères le développement de la pensée de son auteur :

« Parce que les grands changements commencent par des gestes simples, ... »

Celle-là doit être à la page quatre du manuel des poncifs les plus éculés. Ça me rappelle les discours du type « oui mais pour changer la société, faudrait d'abord changer les gens » (sous entendu les autres). Et en attendant que ces salauds se décident à changer, je peux continuer à jouer en bourse l'esprit léger. Bref. Vous en connaissez beaucoup, vous, des grands changements qui ont commencé par des petits gestes ? 1789 ? La conquête des droits syndicaux ? Le front populaire ?

« ... grace a votre participation active au commerce équitable, ... »

C'est quoi une participation « active » au commerce équitable ? Monter une association ? Être bénévole ou militant dans un mouvement ? Signer des pétitions, écrire aux élus, boycotter les multinationales ? En fait, non. Tout cela est précisé dans la phrase d'après : « Café, chocolat, banane, jus de fruit, riz, vêtements en coton... sont autant de produits que vous pouvez acheter dans votre point de vente habituel ». Voilà. C'est ça une participation active : acheter les produits qu'on achète d'habitude, et au même endroit que d'habitude. Je consomme autant et pareil, je fais mes courses avec ma bagnole dans un hypermarché qui écrase les producteurs, vend de la merde inutile a prix d'or tout en bafouant les droits de ses salariés, et mine que rien, sans même vraiment m'en rendre compte, en fait, là, en mettant mon paquet de café dans mon caddy, je fais la révolution. Acheter des bananes avec le logo Max Havelaar dessus, c'est un peu comme si je montais une barricade au rayon charcuterie.

« ... vous contribuez à rendre le monde plus juste et donc plus égal. »

Acheter équitable aiderait donc à rendre le monde plus juste. Ça se discute (moins injuste serait sans doute plus exact), mais à la rigueur. Mais admirez le glissement sémantique : « et donc plus égal ». Alors là, non. Si on passe outre le fait qu'un « monde plus égal » ne veut strictement rien dire, on notera quand même que la confusion des notions de justice, d'équité et d'égalité est un procédé réthorique assez classique et pernicieux. Car Max Havelaar fait du commerce équitable, pas du commerce égalitaire. Son objectif n'est pas de fournir aux paysans du sud un niveau de vie égal à celui des consommateurs du nord, mais juste de lui permettre « de vivre de leur travail ». Il n'y a là rien de subversif, on pourrait même en forçant un peu le trait l'interpréter comme une manière de prolonger indirectement la durée de vie du système en évitant qu'il ne s'autodétruise par anéantissement des forces de travail les plus exploitées.

Tout cela me rappelle un article récent de CQFD sur le tri sélectif : par des « gestes simples », chacun a l'impression de faire quelque chose pour l'environnement. Et au final, le résultat est que des entreprises en profitent pour se créer des nouveaux marchés, d'autres évitent de voir remettre en question leur pratique de marketing et d'emballage à tout va, la société de consommation peut continuer à obésiter tranquille, tandis qu'en définitive très peu de déchêts sont réellement recyclés et qu'on continue a construire des incinérateurs géants.

À l'automne dernier, quand je suis allé chez l'Artisans du monde du quartier pour acheter mon huile d'olive et mon chocolat, j'avais été frappé par une remarque lancée par une mémé bénévole sur le seuil du magasin : « et n'oubliez pas de revenir pour Noël, on aura plein de choses intéressantes ! ». Quel peut bien être le sens d'un engagement dont l'objectif principal devient de faire du chiffre, comme n'importe quelle boîte privée ?

On sait bien qu'une des grandes forces du capitalisme, qui explique en partie sa longévité, est sa capacité à absorber et à intégrer ses adversaires. Et bien ça y'est, je crois que le commerce équitable a bel et bien été machouillé, avalé, et digéré.

vendredi 14 avril 2006

Appel à signer pour l'amnistie des anti-CPE

L'Huma vient de sortir un appel pour la libération des personnes interpellées et inculpées au cours du mouvement anti-CPE. Il faut rappeler la manière dont les jeunes ont été arrêtés, le plus souvent violemment et dans un arbitraire quasi-total, et la justice d'abattage qui les a condamnés fréquemment à de la prison ferme de manière expéditive et sans procès équitable.

Et il faut sans cesse rappeler que les violences qui ont eu lieu sont une réponse aux violences gouvernementales (surtout) et policières (parfois) et au mépris qu'on nous a inflogé pendant de longues semaines.

L'appel se trouve là :

http://www.humanite.fr/petition/meta828136

mercredi 29 mars 2006

Après "mangez des pommes", voici "mangez des poules"...

Tout le monde se rappelle du malheureusement célèbre "mangez des pommes" lancé par Chirac lors de la campagne présidentielle de 1995. Ce célèbre slogan n'était autre que le témoin de la profondeur et de la sincérité d'un projet politique bidon articulé autour du thème de la réduction de la fracture sociale au bénéfice de pauvres dont il avait soudain oublié le bruit et l'odeur. Ce qui, accessoirement, lui avait permis d'être élu.

Et bien Ségolène Royal, l'autoproclamée pseudo-candidate centriste aux prochaines élections présidentielles, vient de tenter une grossière contrefaçon avec une légère variante qu'on pourrait résumer par "mangez des poules". En déplacement dans une foire avicole, elle a en effet exhorté la population française à "sauver la filère avicole" en consommant "deux volailles par semaine". Elle aurait même ajouté : "Henri IV faisait la poule au pot le dimanche, nous on double la mise".

Il serait cependant trop facile d'attirer l'attention sur une déclaration isolée et décontextualisée. Ségolène Royal n'en est pas à son premier coup d'éclat politique. Preuve de sa radicalité de sa pensée et de l'authenticité de son projet politique, elle avait déjà coupé le souffle à l'opposition en annonçant le 7 mars dernier que la région qu'elle préside couperait ses subventions aux entreprises employant des CPE-CNE. Oui, oui, le 7 mars 2006. Alors que les CNE existent depuis le 2 août 2005. On admire l'esprit visionnaire et dénué d'opportunisme. Mais Ségolène va plus loin encore, elle n'hésite pas à dépasser un cadre national étriqué pour aller chercher ses idées loin à l'étranger, par exemple chez Tony Blair, qui n'est autre, je vous le rappelle, que Margaret Thatcher en plus féminin.

Bref. Quel est le projet de Ségolène Royal et du PS pour les présidentielles de 2007 ? Rien. Quelles sont les alternatives qu'elle propose pour lutter contre la pauvreté, le chômage, la précarité ? Rien. Que compte-t-elle faire des 24 milliards d'euros annuels versés aux patrons en réductions de cotisations sociales et qui ne servent à rien ? Rien, justement. Compte-t-elle renationaliser France Telecom, entreprise qui autrefois, publique, gagnait de l'argent tout en employant de nombreuses personnes dans des conditions acceptables, alors qu'aujourd'hui c'est une boîte privée qui perd du fric, nous innonde de pubs et de services inutiles tout en ayant réduit ses effectifs et entraîné une dégradation énorme des conditions de travail ? Apparemment non.

Ségolène Royal n'est, au fond, qu'un reflet. Une image. Un pur artefact médiatique, monté en épingle par des médias qui passent leur temps à s'écouter les uns les autres et à chercher qui mettre en première page de leurs sacs-à-pubs. Mais derrière, il n'y a rien. Niet. Néant. Pas une idée, pas un projet.

Et voilà qu'on commence déjà à nous balancer la question du "vote utile", que quand même, "ça va pas se passer comme en 2002", que cette fois les gens ne vont pas aller se disperser au premier tour et risquer un duel Sarkozy-Le Pen au second. Ben voyons. Si le PS n'a pas de candidat au second tour, ils n'auront à s'en prendre qu'à eux-mêmes. Cinq ans qu'ils n'avaient que ça à foutre, pondre un projet, des idées, une réflexion, une concertation, bâtir quelque chose de radical et fédérateur. Cinq ans qu'ils n'ont rien fait de tout cela, préférant se faire refaire les dents comme s'ils allaient au concours du salon de l'agriculture.

Voter utile, ça n'est certainement pas voter pour rien.

samedi 11 mars 2006

Le plan B est sorti !

Ayé ! Je viens enfin de recevoir le premier numéro du Plan B.

Qu'est-ce-que c'est que ça ? C'est un nouveau journal de critique des médias et d'enquêtes sociales, qui est en fait né de la fusion de deux excellents journaux, à savoir PLPL et Fakir.

Le premier numéro est à la hauteur des espérances. Toujours dans le ton de PLPL, avec encore plus de pages et davantage d'articles de fond tout aussi intéressants et bien documentés.

Histoire d'avoir un petit aperçu, je vous fais un copier/coller de la rubrique Chiffres & délices :

- Nombre moyen d'Allemands de l'Est tués chaque année en tentant de passer à l'Ouest entre 1961 et 1989 : 19.
- Nombre moyen de mexicains morts chaque année depuis 2000 en tentant de passer aux États-Unis : 407.

- Nombre total d'invités en 2005 dans les émissions Campus (France 2), Culture et dépendances (France 3), Mots croisés (France 2) et Ripostes (France 5) : 621.
- Nombre de cadres et professions intellectuelles supérieures invités : 570.
- Nombre d'ouvriers et d'employés invités : 1.

- Nombre de journalistes tués dans le monde en 2005 : 63.
- Nombre de syndicalistes tués dans le monde en 2005 : 145.

vendredi 3 février 2006

Des parasites au CNRS ?

Ayant l'immense honneur et fierté de travailler dans cet organisme, j'ai reçu aujourd'hui même le numéro de février 2006 du Journal du CNRS. À première vue, la couverture semble tout à fait banale :

couverture journal cnrs

Mais si on y regarde de plus près, il y a quand même un détail rigolo :

gros plan couverture journal cnrs

Diantre ! Il y aurait des parasites dans les labos du CNRS ? Bon, d'accord, l'article parle en fait de recherches sur les maladies infectieuses et leurs vecteurs de transmission. Mais le raccourci n'est pas totalement dépourvu de pertinence...

Des parasites au CNRS ? Évidemment, des années de propagande anti-fonctionnaires font immédiatement imaginer des feignasses payées à boire le café et à bavasser avec les collègues à longueur de courte journée. Je ne nie d'ailleurs pas que ce genre de cas puisse se rencontrer, mais en général on ferait bien de s'interroger sur le parcours de ces personnes, et notamment sur la reconnaissance de leur travail de la part de leur hiérarchie, avant de juger trop vite. Des gens payés alors qu'ils restent chez eux, il y en aussi. Mais là encore, il s'agit le plus souvent d'une absence de gestion des situations difficiles de la part des ressources humaines de l'organisme, qui préfèrent le plus souvent laisser pourrir les choses plutôt que d'avoir à prendre des décisions.

Quoi qu'il en soit, ce genre de "parasite" n'est certainement pas le plus gênant pour le bon fonctionnement de la recherche française. De même, le fonctionnement administratif du CNRS est tout à fait correct. Même si tout est perfectible et que les évolutions vont rarement dans le bon sens ces temps-ci, n'empêche que les salaires sont versés à temps, il y a un vrai service de formation permanente, l'équivalent d'un comité d'action sociale, et tout cela tourne en définitive plutôt bien (même s'il faudrait sans doute nuancer sur les ressources humaines), surtout si on considère l'équivalent dans l'éducation nationale, par exemple. Et c'est justement cet aspect relativement correct du fonctionnement du CNRS auquel voulait s'attaquer l'ancien directeur éjecté en rajoutant encore des couches de hiérarchie supplémentaires et inutiles à différents niveaux.

Mais il y a malheureusement des niveaux où ça peut coincer beaucoup plus. Je ne parlerai que de ce que je connais un peu, c'est à dire le domaine des sciences humaines, mais là où les choses posent vraiment problème, c'est au niveau scientifique, lorsque celui-ci se mélange au politique, ce qui est malheureusement très souvent le cas, surtout en sciences de l'homme.

Un laboratoire du CNRS est en fait une unité dirigée par un directeur, le plus souvent un chercheur membre du labo. Celui-ci dispose de pouvoir importants, notamment sur l'évaluation des personnels et la gestion des budgets, mais les taches administratives prennent tellement de temps qu'il ne reste plus grand-chose pour faire de la recherche. On a donc souvent deux types de directeurs d'unité possibles :

  • ou bien il s'agit d'un scientifique très reconnu qui s'impose "naturellement" à la tête du laboratoire de par sa réputation. C'est sans doute le moins pire des cas, encore que scientifique et gestionnaire d'équipe ne sont pas forcément des termes équivalents ;
  • ou bien il s'agit de personnes n'étant pas parvenu à faire carrière par la qualité de leur travail de recherche, et qui se rabattent alors sur l'aspect administrativo-poltique pour conquérir du pouvoir et obtenir des promotions. Dans ce cas, c'est en général mauvais signe pour la suite des événements.

Par ailleurs, un concept très à la mode actuellement dans la recherche publique et ailleurs est celui de "mutualisation" : en gros, il s'agit de mettre en commun des moyens et des personnels jusque là éparpillés pour faire une grosse équipe prétendument plus efficace et surtout qui coûtera moins cher. J'ai eu l'occasion de connaître déjà deux expériences de ce type, et dans les deux cas les résultats sont désastreux. Il s'agit en fait de projets :

  • toujours orientés "nouvelles technologies" (c'est vendeur) ;
  • montés par des personnes ne connaissant pas grand-chose auxdites "nouvelles technologies" ;
  • qui adorent se parer des derniers concepts à la mode en termes de "gestion de projet" et autres "travail en réseau". Ces concepts sont évidemment totalement creux ;
  • bénéficiant de budgets importants voire carrément délirants, qui suscitent des convoitises fortes, entraînent des batailles politiques dévastatrices et engendrent parfois du copinage à la limite de la légalité ;
  • coupés de l'activité de recherche (il n'y a pas de chercheurs dans ces unités) et qui finissent rapidement par oublier toute finalité réelle pour tourner en rond et mieux se concentrer sur les guéguerres de pouvoir ;
  • très mal gérés, notamment en ce qui concerne le personnel (souvent contractuel) et la reconnaissance de leur travail puisque les équipes dirigeantes sont avant tout préoccupées par leurs batailles de tranchées de salon ;
  • qui finissent en fiasco et en gaspillage d'argent public.

La pseudo-rationalisation des moyens et de l'organisation finit donc à l'exact opposé de ses prétendus objectifs. Là où on avait une organisation certes relativement éparpillée mais avec un fonctionnement "de proximité", proche de l'activité de recherche et basée sur des personnels statutaires, on finit par des mastodontes prétentieux débordant de moyens et pris d'assauts par les personnes parmi les plus carriéristes et rarement parmi les meilleurs chercheurs.

Les parasites ne sont pas toujours ceux qu'on croit...

jeudi 10 novembre 2005

Google se tape Villepin (mais sans faire exprès)

Les ratés de l'indexation et de l'association sémantique sont un grand classique du web. On ne compte plus les exemples d'affichages malheureux de publicités "ciblées" tombant tout à fait hors de propos et apparaissant incongrues, voire scandaleuses. On sait aussi que Sarkozy et l'UMP utilisent Google ces jours-ci pour faire leur pub lors de recherches effectuées avec des mots-clés relatifs aux émeutes urbaines.

Et bien si vous mélangez un peu tout ça, vous pouvez obtenir des trucs plutôt rigolos, comme le montre la capture d'écran suivante, qui est certifiée véridique puisque c'est moi qui l'ai faite (et qu'accessoirement vous en trouverez d'autres copies ailleurs). C'est la page d'accueil de Google News France telle qu'elle apparaissait ce matin à 11h45 :

Capture Google

Voilà donc une illustration assez imagée et particulièrement pertinente de la politique du gouvernement en général et concernant les événements récents en particulier. Surtout si vous y ajoutez l'extrait de l'article de Libération qui y est associé et qui explique à propos de Villepin que "sous les marques de fatigue, le regard brille d'excitation".

P.S. : on pourra d'ailleurs remarquer que l'image en question montre une grande flexibilité, si je puis dire, dans le sens où elle semble pouvoir s'adapter à un grand nombre de thèmes d'actualité. De mon point de vue, on aurait sans doute pu la mettre en illustration de la brève précédent celle sur Villepin.

vendredi 26 août 2005

Grosse fatigue

Cher Grosse,

(vous permettez que je vous appelle Grosse ?)

Voilà, Grosse. Je vous écris parce que vous m'énervez. Alors que le terme blog n'existait pas encore, vous le pratiquiez déjà depuis longtemps. Alors que tant perdent leur temps à écrire trois billets par jour pour expliquer qu'ils ont changé de marque de dentifrice, vous n'écrivez que quand vous avez quelque chose à dire. Alors que tant (moi le premier) perdent leur temps à installer la dernière version du dernier moteur de blog avec le dernier thème qui tue pour faire croire qu'ils ont quelque chose à dire, votre site n'est que du bon vieux statique sobre à la main, mais parfaitement clair et agréable à consulter.

Et en plus, vous écrivez bien, très bien, et vous dites des choses intéressantes, fortes et sensibles.

Vous m'énervez, Grosse.

Je crois même que je suis un peu jaloux, tiens.

mardi 2 août 2005

BHL contre Kim Jong-Il

Quand on lit une récente dépêche de Reuters sur la Corée du Nord, on ne peut s'empêcher de sourire (jaune) à la propagande d'une des dictatures actuelles les plus sinistrement caricaturales qui explique que son leader, Kim Jong-Il, outre le fait d'avoir une mémoire surnaturelle (il se souvient de toutes les lignes de code informatique et de tous les numéros de téléphone de ses employés, entre autres), est également un surdoué du golf. Surtout quand on sait que le dictateur en question, succédant à son père Kim Il-Sung, est surtout dénué de charisme et passionné de filles et de grosses bagnoles.

Quand on lit ça, donc, on se dit que cela ne pourrait jamais arriver dans une démocratie comme la France. Et là, grâce au génial travail de fourmi d'Acrimed, on tombe sur une autre dépêche AFP relatant une rencontre entre Bernard-Henri Levy et Villepin en 1997. Le contenu de celle-ci est proprement ahurissant, surtout quand on sait qu'elle émane d'une agence de presse officielle. On y apprend qu'à l'occasion d'une rencontre entre BHL et DDV, le second aurait dit au premier vous avez l'air d'un Christ sans plaies et que, bouleversé, le soir venu, BHL aurait eu les mains qui se seraient mises à saigner mystèrieusement... Lisez la dépêche si vous pensez qu'il s'agit d'une blague.

Très franchement, le parallèle entre les deux est un peu rapide, m'enfin, c'est quand même frappant, non ?

mardi 5 juillet 2005

Alors, pas encore propriétaire ?

Ben qu'est-ce que vous attendez ? Que les prix grimpent encore ? Que les taux remontent ? Bon, je suis pas propriétaire non plus, mais quand même, vous devriez peut-être réfléchir...

Quoi que. quand on lit cette excellente chronique de Pierre Lazuly....

http://www.menteur.com/chronik/050703.html

lundi 11 avril 2005

Collision

Une petite coïncidence "rigolote", comme il en arrive assez souvent dans les journaux.

Dans le Monde diplomatique d'avril 2005, on trouve en pages 10 et 11 un article sur la manière dont les Etats-Unis ont secrètement sous-traité l'interrogation et la torture d'une partie des prisonniers de Guantanamo et autres soupçonnés de terrorisme auprès de pays amis officiellement moins regardant sur le respect des droits humains. La mondialisation de la torture, en quelque sorte.

Et en bas de la page 11, on trouve une publicité signée Microsoft, qui annonce : "On imagine... un monde des affaires sans frontières".

No comment...

vendredi 4 mars 2005

Non

La date du référendum pour l'adoption du traité constitutionnel européen vient d'être fixée. Personnellement, je sais déjà parfaitement ce que je vais voter (si j'arrive à trouver quelqu'un pour me faire ma procuration, c'est ça aussi de déménager en début d'année). Mais si vous ne savez pas encore (ou si vous cherchez des arguments), voici deux liens qui peuvent vous intéresser. La contradiction des titres n'est qu'apparente :

En plus ça me donne l'occasion de faire de la pub pour deux sites particulièrement recommandables, régulièrement référencés sur Rezo.net.

samedi 26 février 2005

Gaymard et l'EDF

On entend beaucoup parler de M. Gaymard ces jours-ci, pour des histoires de logement certes scandaleuses, mais au demeurant plutôt anecdotiques. Durant la période où les histoires de loft et de loyer ont émergé, je suis tombé sur un article dans un journal sur une visite de M. Gaymard au directeur d'EDF, au cours de laquelle le premier avait manifesté son souhait de "protéger les grandes entreprises fortes consommatrices d'électricité contre les variations du prix du courant". Il s'agit bien entendu de les protéger contre les variations de prix à la hausse, inutile de préciser.

Rien de bien extraordinaire de la part d'un gouvernement de droite. Mais ce qui m'a frappé, c'est que la veille au soir, en feuilletant la brochure qu'EDF envoit aux personnes venant d'emménager, je suis tombé sur une page expliquant qu'"EDF est solidaire des personnes en situation difficile". Plutôt sympa, à première vue.

Regardons un peu plus dans le détail en quoi consiste cette solidarité. EDF nous explique que celle-ci fait partie du dispositif de Maintien de l'accès à l'énergie votée dans le cadre de la loi de lutte contre l'exclusion. Bien. Donc EDF n'y est pour rien à l'origine. En quoi consiste exactement ce dispositif ?

  • le client (et non plus l'usager) "en situation difficile" (c'est à dire qui n'a pas payé sa facture) doit d'abord s'engager à prendre contact avec un organisme social pour régler au plus vite ses difficultés.
  • une fois cet engagement pris, le client continue à bénéficier d'un accès à l'électricité pour une puissance de 3000W. On nous explique alors que 3000W, ça fait un frigo, un congélateur, l'éclairage, une télé et éventuellement un convecteur électrique. Royal ! Il suffit que tout le monde vive dans une même pièce, et qu'on pense à éteindre la lumière lors de l'allumage du four ou à couper le frigo au lancement de la machine à laver, et tout roule.
  • si la consommation dépasse 3000W, un "mini-interrupteur" coupe le courant pour environ 15 secondes, puis le relance. Ce qui, nous dit-on, "laisse le temps au client d'éteindre un appareil" pour repasser sous les 3000W. On imagine les séances de rigolade lorsqu'il s'agit d'aller couper, à tâton dans le noir, le radiateur qui vient de se mettre à chauffer parce qu'il fait moins de 14 dans la chambre du petit dernier. Mort de rire.

Voilà donc comment on nous vend pour de la "solidarité" et de la "lutte contre l'exclusion" une mesure de survie particulièrement humiliante tant sur le fond (bien sûr, si les pauvres sont pauvres, c'est uniquement parce qu'ils ne sont pas foutus de contacter les organismes sociaus) que sur la forme (avec la menace constante de la coupure de courant qui va devoir vous faire rerégler toutes les horloges de la maison).

Et le parallèle avec les mesures en faveur des grandes entreprises se passe de commentaires. Alors, bon, les histoires de loft...

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